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La porte Miègeville
 

Ouverte sur l'une des travées du collatéral mineur méridional, la porte Miègeville doit son nom au fait qu'elle s'ouvre face à la rue qui parcourait le milieu de la ville (mièja vila), en reprenant à peu près le tracé du car do maximus romain.

Elle est précédée d'un portail au décor plateresque (vers 1530), seul vestige de l'enceinte de l'abbaye.

Le portail roman (vers 1110-1115) est percé dans un avant-corps qui s'achève par une corniche aux très beaux modillons.

Le passage est surmonté d'un exceptionnel tympan sculpté, formulation précoce pour l’époque, d'un système riche d'avenir.

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les médaillons de La corniche
La corniche au dessus du tympan de la porte est composée de huit médaillons sculptés.
Personnage s'appuyant
   sur une tête de lion
Cep de vigne
et grappes de raisins
Fauve posant une patte
sur sa tête
Tête d'un animal avalant
les pattes d'un fauve   
       
     Sol émergeant
       de son voile
Lune dévoilée Tête caprine
dont il manque une partie
Fauve se mordant 
la patte         
 
le tympan sculpté  

Un thème unique occupe le tympan, celui de l'Ascension. Sans doute inspirée par l'illustration d'un manuscrit mais traitée avec un sens de la composition et de la plastique hors du commun, l'œuvre a justement été placée au rang des chefs d'œuvre de la sculpture romane.

Au centre, le Christ, debout, les mains levées, la tête tournée vers le ciel, est dérobé à la vue de ses disciples par les nuées ; deux anges l'aident à s'élever, tandis que quatre autres l'acclament.

La corpulence du Christ n’est pas du au hasard mais a pour but d’affirmer le dogme chrétien du Christ vrai Dieu et vrai homme. La gestuelle des mains levées vers le ciel représente en quelque sorte une invitation à le rejoindre au ciel, au paradis. Reprise dans de nombreux chapiteaux à l’extérieur et intérieur du bâtiment, elle symbolise également la prière. Elle est encore perpétuée de nos jours lorsque le prêtre célèbre la messe.

L'Ascension
   

Sous les nuées, figure une élégante frise représentant une vigne avec ses feuilles et ses fruits : ne serait-ce pas une allusion à l’évangile selon Saint Jean lorsque le Christ récite la célèbre parabole du cep aux apôtres , (Cf Evangile selon Saint Jean, chapitre 15), faisant également allusion au Jugement Dernier et la fin des temps  :

"Je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il en porte davantage. Déjà, vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée. Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits: car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse ces sarments, on les jette au feu et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. C'est la gloire de mon Père que vous portiez beaucoup de fruits, et que vous soyez mes disciples. Comme mon Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés: demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi-même j'ai gardé les commandements de mon Père, et comme je demeure dans son amour".

Sur le linteau, les douze apôtres, surpris et gesticulant, gardent leurs visages tournés vers le ciel alors même que le Christ vient de disparaître ; aux extrémités, deux anges leur rappellent que l'Ascension est aussi la promesse du Retour et du royaume éternel : l’un deux tient un parchemin, symbole du Retour à la fin des temps, lorsque « tout sera écrit ».

Encore une fois, les apôtres ne sont pas disposés par hasard : au centre du relief figure Saint Pierre, reconnaissable à la clé, symboliquement placé ici au centre de l’Eglise, à une époque ou son autorité était fortement contestée par les pouvoirs temporels.

 
les Consoles du linteau

Le linteau est soutenu par deux admirables consoles :

  • à gauche,
    le roi David
    jouant de la lyre
    signifie la lignée royale
    du Sauveur,

  • à droite
    2 personnages énigmatiques
    chevauchent des lions.

       Le roi David
 
Les 2 personnages  
 
les chapiteaux

Quatre chapiteaux historiés surmontent les colonnes.

Il faut mettre à part le premier chapiteau à droite, décoré de deux lions pris dans des lianes.

Les trois autres, de style antiquisant, illustrent un même thème : le péché originel opposé à la Rédemption par la venue du Christ sur terre.

         Les lions L'Annonciation     
   
Le péché originel    Les Innocents    
 
les personnages en marbre

Les deux grands personnages de marbre des écoinçons semblent garder la porte.

  • A gauche, la figuration de l'apôtre Jacques le Majeur manifeste l'importance du pèlerinage à Compostelle et marque aussi, par l'iconographie comme par le style, le lien artistique avec la cathédrale galicienne.

    Au-dessus, deux personnages sont prisonniers de rinceaux de feuillages, alors qu'au-dessous, un homme rapproche les têtes de deux femmes chevauchant des lions, et semblent écrasés par les pieds de Saint Jacques : s’agit-il de Montant et de ses 2 prêtresses, hérétique du IIème siècle ?

  • A droite, saint Pierre bénit de la main droite et porte à sa ceinture les clefs du royaume des cieux.

    Pierre est couronné par deux anges qui présentent des hosties crucifères (allusion, sans doute, à la célébration solennelle de l'Eucharistie par le souverain pontife).

    Il surmonte l'ascension ratée de Simon le Magicien, soutenu par deux démons.

     

Il est amusant de constater que le pèlerin était accueilli à Toulouse à l’entrée de la Basilique, précisément par Saint Jacques et Saint Pierre, dans un endroit qui justement apparait comme étant approximativement à mi-chemin entre Saint Jacques de Compostelle et Rome Là passaient des pèlerins en route vers Saint Jacques mais également en route vers Rome.

 
 
Mise en ligne le Jeudi 28 Novembre, 2013