La Basilique Romane > De briques et de pierres > Le Maître-Autel et le Chœur
 
Le Maître-Autel et le chœur
 

 
 Le Maître-Autel

Le chœur a longtemps abrité le vénérable autel roman de 1096, sculpté par Bernard Gilduin, et dont on observe une réplique dans le transept nord.

Cantonné un temps dans ce dernier, l’autel a été installé à la croisée du transept, sous la coupole du clocher, en 1953.

aller plus loin
Essentiel
  Les visites spirituelles
Focus
  La visite à 360 °
Le plan en 3D
Le plan de masse
Insolites
  Les cartes du ciel
L'autel roman de St Sernin
et les sculptures du cloître
de Moissac
Sur le web
  Le musée des Augustins
Le Musée Saint-Raymond

De dimensions exceptionnelles (2,23 m x 1,34 m), cette table d'autel se rattache à une série produite dans la province ecclésiastique de Narbonne entre le IXe et le XIe siècle. Sa face supérieure présente un évidement central cantonné de lobes entre lesquels s'insèrent des motifs floraux.

Mais le décor se déploie surtout, et de manière nouvelle, sur les quatre faces latérales. En haut, un bandeau vertical continu s'orne d'imbrications qui rappellent celles des sarcophages paléochrétiens découverts aux alentours de Saint-Sernin. Plusieurs scènes se développent sur la partie chanfreinée.

 
   
     

Sur la face antérieure, le Christ, jeune, bénissant, tenant le Livre, est placé dans un médaillon élevé par des anges qui détournent leurs regards devant la lumière divine : ainsi est évoqué le retour du Christ glorieux à la fin des temps.

 
     

Sur la face de gauche, le Christ en buste, les mains étendues montrant peut-être leurs plaies, est entouré de la Vierge et de Pierre à sa droite, de Jean et de Paul à sa gauche, accompagnés d'apôtres indéterminés. Il s'agit sans doute d'une "évocation du drame du Calvaire, dont la messe est le mémorial" (M. Durliat).

 
     

Sur la face de droite, trois autres personnages (dont le Christ ?) sont représentés de la même façon ; à droite, un griffon et un homme de profil, comme basculé, tenant vigoureusement deux cordes : on aurait ici l'ascension d'Alexandre, tiré vers le ciel par un animal paradisiaque, que le christianisme avait interprété parfois comme un paradigme du salut.

 
     
Sur la face postérieure, une suite d'oiseaux compose une frise dans un décor floral stylisé.  
     

Enfin, la table porte sur son pourtour une inscription désignant les commanditaires, "les confrères du saint martyr Saturnin", qui manifestent leur foi à travers la liturgie et placent leur espérance dans le pouvoir d'intercession du saint. Y apparaît aussi le nom du sculpteur, Bernard Gilduin, dont le style est présent à maintes reprises dans l'édifice.

 
     
Le pape Urbain II consacra cette table d'autel, ainsi que l'église encore inachevée, le 24 mai 1096, lors d'une cérémonie à laquelle participèrent quatorze évêques et archevêques.  
   
 Le tombeau de Saint Saturnin

En arrière de l'autel, un retable, réalisé en 1720 par Marc Arcis, présente la scène du martyre du saint toulousain.

Saint Saturnin est le premier évêque de Toulouse. Son nom latin «Saturnius », a été transformé dans la langue d'Oc en « Sarni » puis francisé en « Sernin ».

Saturnin mourut martyrisé en l'an 250 pour avoir refusé de se plier à l'obligation qui était faite à tous les citoyens par l'empereur romain Dèce, de sacrifier aux dieux païens.

Il préfera mourir avec le Christ que vivre sans Lui.

Jeté sur les marches du Capitole, le temple dédié à Jupiter qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place Esquirol, il fut ensuite attaché par les pieds à un taureau furieux que l'on devait immoler.

Sa tête explosa sur les marches du temple et il fût traîné le long du cardo maximus (la rue Saint-Rome) jusqu'à la rue du Taur (taureau). Son corps a été lâché par le taureau à l'endroit de l'actuelle église du Taur qui s'est appelée Notre-Dame de Saint-Sernin jusqu'au XVIème siècle.

Le corps sans vie du malheureux fut recueilli par les saintes Puelles, deux jeunes femmes. Elles l'inhumèrent à l'endroit exact où son corps fut trouvé, dans un cercueil en bois qui fut déposé dans un fossé assez profond pour que les païens ne puissent pas profaner la dépouille.

À la fin du IVème siècle l'évêque Exupère prit la décision de transférer les reliques de Saint Sernin à l'emplacement de la basilique actuelle et d'y construire un édifice.

Jusqu’en 1718, un baldaquin gothique surplombe le sarcophage de Saint-Sernin. Il avait été réalisé à la demande des chanoines qui avaient décidé, en 1258, de porter à la vue des fidèles le sarcophage de Saint-Sernin.

Détruit, il est remplacé par un monument baroque avec un retable de 1720 dû à Marc Arcis, un baldaquin élevé dans les années 1730-1740, une apothéose de Saint-Sernin sculptée par Etienne Rossat et installée en 1759 au-dessus du sarcophage.

Le tombeau est accessible pour les fidèles lors de la fête de Saint-Sernin chaque 29 novembre.

 
 Le Christ pantocrator

Dans le cul de four, un programme iconographique est réalisé de 1536 à 1542 à la demande de la confrérie des Saints Apôtres et des Corps saints, mentionnée pour la première fois en 1383.

L’ensemble est dominé par le Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes (Le lion pour Marc, le bœuf pour Luc, l’homme pour Matthieu, l’aigle pour Jean).  

 
Mise en ligne le Jeudi 28 Novembre, 2013