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Le tournant du XIe siècle
 

C'est sous le long épiscopat d’Isarn (1071-1105) que la communauté des chanoines de Saint-Sernin décide d’édifier une nouvelle et grande église pour accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux qui font halte à Toulouse sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle et se recueillent sur la tombe du saint martyr.

Les travaux débutent au début de la décennie 1070 qui est également le moment de la construction d’un hôpital des pèlerins, aujourd’hui musée Saint-Raymond.

 
  Les raisons de bâtir un tel édifice
 
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  Passio sancti saturnini
(traduction P. Cabau)

L'expansion économique

Tout d’abord, la grande expansion économique de l’Occident chrétien à partir du XIe siècle et qui se développe au XIIe et une bonne partie du XIIIe siècle.

Elle permet de dégager des revenus financiers permettant le financement de grands chantiers dans toute la chrétienté. Or, les chanoines de Saint Sernin sont d’importants propriétaires fonciers.

 

Les pratiques religieuses

Des pratiques religieuses telles que le culte des reliques et le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle sont d'excellentes raisons.

Depuis le Haut-Moyen Age, le sentiment est fort que les saints sont un indispensable intermédiaire entre le peuple chrétien et Dieu car ils ont été dans son amitié.

Le pèlerinage vers Saint Jacques prend de l’ampleur au cours des Xe et XIe siècles, devenant le troisième pèlerinage de la chrétienté après Jérusalem et Rome.

Le séjour des pèlerins favorise également les dons en argent et donc le financement du chantier.

 

La réforme grégorienne

Enfin, la réforme grégorienne (du nom de Grégoire VII, pape de 1073 à 1085), amorcée par la papauté au milieu du XIe siècle, favorise la visibilité de l'Eglise par l’édification d’édifices imposants.

L'église est batie en référence de l'église contantinienne St Pierre de Rome. La dimension du transept est reprise de la Basilique romaine; le plan en 5 nefs exprime encore ce désir d'allégeance à l'Eglise de Rome.Il faut dire que le pape a arbitré un conflit avec l'Evêque Isarn en faveur des chanoines de St Sernin. L'affirmation de la primauté du siège romain était donc à la fois un devoir religieux et un agréable remerciement des chanoines de St Sernin. Le chapître canonial de St Sernin recevra en 1120 la dignité d'abbaye.

 
  La chronologie de la construction
 

Le chantier est entamé par le chevet et le déambulatoire.

Au moment de la consécration du 24 mai 1096 par le pape Urbain II, sont terminés le chevet, et ses chapelles rayonnantes, le déambulatoire, le chœur et les transepts.

Par la suite, commence la construction de la nef et des collatéraux.

À la mort du maître d’œuvre Raymond Gayrard, en 1118, le périmètre de l’église est terminé tout comme ses piliers jusqu’à la hauteur des collatéraux mineurs et les trois travées de la nef les plus proches du chœur.

Mais les travaux vont dès lors se poursuivre au cours des XIIe et XIIIe siècles.

 
 
Mise en ligne le Jeudi 28 Novembre, 2013