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Visites spirituelles
 

Depuis près de mille ans la basilique Saint-Sernin fait partie du patrimoine historique et religieux de Toulouse dont elle est aussi l'un des symboles emblématiques.

Considérée sur le plan mondial comme joyau de l'art roman elle en constitue un remarquable conservatoire. Encore debout, elle reste surtout la plus grande et plus vaste église romane d’Europe que la chrétienté occidentale ait pu conserver.

Son architecture n'a qu'un but : dire la foi de l'Eglise dans le Christ, exprimer l'Eglise comme Corps du Christ.

 

Son histoire est liée au développement des pèlerinages et au culte des reliques.

Reconnue ainsi comme l’un des plus importants centres de pèlerinage de l'époque médiévale, la basilique Saint-Sernin fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

Elle est également inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France.

Toute l'année, l'association « Basilique Saint-Sernin » organise un accueil et une présentation gratuite de Saint-Sernin.

Les parcours proposés mettent en relief, outre les aspects architecturaux et historiques de l'édifice,

  • la portée spirituelle de la Basilique,

  • l'intention religieuse qui a présidé à son édification,

  • le sens qui en était reçu par le pèlerin lors de son étape. 

Voici quelques notions de base d'une visite spirituelle : une église dont il faut découvrir le sens mystique.

 

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  Passio sancti saturnini
(traduction P. Cabau)
 
les visites
Samedi 10:00
  15:00
Dimanche 15:00
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Juillet-Août Tous les jours.
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  Nom : Joël Pezet
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 Rentrer dans une église, c'est rentrer dans le corps du Christ
 

Une église en forme de croix, comme le Christ crucifié

La plupart des églises chrétiennes dans le monde sont construites en forme de croix : croix grecque ou croix latine, les bras du transept représentent les bras du Christ cloués sur la croix. Donc, en rentrant dans le bâtiment de l'église, nous rentrons symboliquement dans le Corps du Christ, attaché à la croix.

Or, en tant que baptisé, tout chrétien devient membre du Corps de l'Église et du Corps du Christ, suivant la théologie chrétienne (cf. Catéchisme de l'Eglise Catholique, 1267) : rentrer dans l'église prend ainsi toute sa signification.

Rentrer dans l'église et faire partie du Corps du Christ permet au pèlerin non seulement de rendre culte à Dieu, mais aussi de découvrir un monde coloré et pédagogique destiné à lui faire découvrir les mystères de la Révélation.

 

Une église orientée vers l'Est, symbole de la Résurrection

Comme la plupart des églises, la Basilique a été construite depuis l'Est vers l'Ouest et est orientée vers l'Est, là où se lève le Soleil, symbole de la résurrection et de la lumière de Dieu qui éclaire le monde à chaque lever du Soleil (cf. excellent article de CASA, « orientation d'une église »).

 
 Rentrer dans une église, c'est découvrir les mystères de la Révélation
 


L'invitation du Christ à découvrir le chemin vers le ciel

En particulier, si nous rentrons dans l'église par la porte Miègeville, nous passons sous le tympan représentant l'Ascension du Seigneur (cf. Acte des Apôtres, Chapitre 1).

Le Christ, le regard tourné vers le haut nous montre le chemin, Il est le Chemin: cette porte est la voie vers le ciel. Il nous invite avec Lui, à nous tourner vers Son Père, au ciel, et à venir Le rejoindre au paradis. Le paradis qui est symboliquement représenté par l'intérieur de l'église et que nous pouvons déjà connaitre sur terre.

 
Découvrir les mystères de la Révélation
   

Une fois rentré dans l'église, le pèlerin découvre des murs couverts de fresques, comme des gigantesques « bandes dessinées » : les mystères de la Révélation.

En voici des exemples. Ces images représentent, deux fresques du début du XIIème siècle situées dans le Transept Nord :

- l'Agneau Pascal entouré d'un arc-en-ciel soutenu par 8 anges
(cf. Apocalypse selon Saint Jean, chapitre 7, 9)

- la fresque du Noli Me Tangere « ne me touchez point
(cf. Evangile selon Saint Jean, chapitre 20, 17).

Au moyen-âge, beaucoup d'églises étaient colorées à l'intérieur, couvertes de fresques expliquant ces mystères de la Révélation.

 

D'autres exemples sont toujours visibles dans le Transept Nord.

Ainsi l'image qui décrit minutieusement, du bas vers le haut, le dernier chapitre de l'Evangile de Marc (cf. Evangile selon Saint Marc, chapitre 16) :

- deux soldats gardant le tombeau,

- puis les 3 Maries découvrant le tombeau vide : Marie-Madeleine, Marie femme de Clopas ou Cléophas (qui serait une parente de la Vierge Marie et mère de Saint Jacques-le mineur), Marie-Salomé (mère de Saint Jean et Saint Jacques le majeur).

- Puis nous avons deux prophètes de l'Ancien Testament (Elie et Moïse vus par les Apôtres lors de la Transfiguration ?).

- Et enfin, l'image du haut est une Déisis : représentation du Christ Triomphant et glorieux (Pantocrator) entouré de la Vierge Marie et de Saint Jean Baptiste.

En conclusion, le pèlerin n'entre pas seulement dans une église décorée, il entre dans une représentation du Ciel, dans le sacrement du Ciel : car au ciel, nous contemplerons tous les mystères de la Révélation.

Ainsi le fidèle, en entrant dans l'église, pouvait se nourrir spirituellement de la contemplation de ces images.

   
 Rentrer dans une église,
 c'est découvrir les étapes du chemin pour le salut de l'homme
 

Dans la Basilique Saint-Saturnin, comme dans toutes les églises, nous sommes frappés par la répétition des mêmes motifs sculpturaux représentant le cheminement et la condition de l'homme.

L'homme soumis au péché

Le fidèle découvre, avec un certain effroi, lorsqu'il arrive par la Porte des Comtes, un ensemble de chapiteaux racontant la parabole du pauvre Lazare et des chapiteaux représentant l'homme (ou la femme) pécheur.

Ce chapiteau peut se voir également très nettement dans le Transept Sud et dans les tribunes. Nous y voyons un homme semblant assis, qui essaye d'écarter avec ses deux bras, deux monstres ailés qui semblent lui manger la tête. Le fait que la tête soit attaquée signifierait-il la punition de l'orgueil, à la source de tous les péchés ?

La tête en latin se dit « caput ». Les monstres attaquent la tête, ils représentent les 7 péchés « capitaux » : l'orgueil, la paresse, la luxure, l'avarice, la colère, la gourmandise (notre homme ici, a le ventre bien rebondi ;-) et l'envie.

Ces péchés sont capitaux parce qu'ils sont à la source d'autres péchés (cf. catéchisme de l'Eglise Catholique-1866 : l'orgueil appelle la vanité, etc.) mais surtout parce tous nous y sommes soumis !

L'Église explique donc par ce chapiteau que nous sommes soumis à toutes sortes de péchés tout au long de notre vie (cf. définition du péché dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, 1849-1876).

Ces péchés, si nous ne luttons pas contre, conduisent l'homme inévitablement à la mort spirituelle : la mort de l'âme et les tourments éternels. Car, en effet, nous sommes attaqués en permanence par « les esprits mauvais répandus dans l'air » (Epître aux Ephésiens, 6, v12).

Mais alors que faire ? Comment lutter contre ces tentations sournoises ? Le catéchisme de l'Eglise Catholique, (cf chapitres 328 à 336), donne la solution : nous sommes, « du début de l'existence au trépas, (…), entouré de leur garde et de leur intercession » - il s'agit des Anges Gardiens.

L'homme protégé par l'Ange Gardien

Dieu n'a pas laissé l'homme seul devant ces dangers. Chaque homme a à sa disposition un Ange Gardien. Comptez les anges dans la basilique, vous en trouverez certainement de l'ordre d'une centaine, il y en a partout.

Il y a surtout de nombreux chapiteaux représentant ces anges gardiens actifs : armés d'une lance, ils tuent les monstres que nous avons vus dans les chapiteaux précédents.

Or, me direz-vous, certes, nous avons peut être un Ange Gardien, mais nous continuons d'être soumis à ces tentations et ces vices. Alors, pourquoi sont-ils représentés ici combattants les esprits mauvais ? Les chapiteaux indiquent que les Anges Gardiens ont le pouvoir de nous aider à lutter contre les esprits mauvais qui veulent nos induire en tentations. Mais cela n'est possible que si l'on croit en eux (les Anges Gardiens, bien sûr) et communique avec eux et avec Dieu. Bien, mais comment communiquer avec ce qui est invisible ?

La communication avec le monde surnaturel

Saint Paul, dans la même Epître aux Ephésiens (cf Epitre aux Ephésiens, chapitre 6, v18) nous donne la clé. Voyons plutôt.

La basilique regorge de chapiteaux indiquant des personnages de l'Ancien Testament, ou des personnages religieux qui agissent, qui communiquent avec le monde surnaturel. Comment ? Tout simplement par la prière.

Nous voyons par exemple dans ce chapiteau, Moïse qui lève les bras vers le ciel en signe de prière, aidé de ses frères Aaron et Hour lors de la célèbre bataille contre les troupes d'Amalec (Exode, chapitre 17, 8-13).

De cet épisode, durant lequel Moïse leva les mains jusqu'au coucher du soleil, est sorti l'expression : « il ne faut jamais baisser les bras » !

Et ces bras levés vers le ciel sont encore le geste de prière du prêtre officiant pendant la messe.

 

Il n'est donc pas étonnant de retrouver cette position de mains élevées vers le ciel lorsque Daniel est représenté dans la fosse aux lions (Cf Livre de Daniel, chapitre 6, v17). Il est sauvé du châtiment qui lui est réservé en appelant Dieu et en communiquant avec Lui par la prière.

Enfin, nous retrouvons encore cette expression d'homme orant sur le chapiteau dit « du Clerc » situé au –dessus de la porte des Comptes dans le Transept Sud. Un homme vêtu d'une toge romaine, prie et tient en même temps le Livre de la vie : l'Evangile.

Nous voyons donc, comment au moyen de ces représentations figuratives à travers les chapiteaux, l'Église exprime de façon simple le chemin du salut : l'appel à la conversion du pèlerin pour lutter contre les tentations, l'appel à la prière, l'appel aux Anges Gardiens, l'écoute de l'Evangile, tout cela animé par la recherche obstinée d'une foi profonde permettant d'acquérir le bonheur déjà ici sur terre.

Un chemin qui permet de préparer l'accès vers l'autre monde représenté dans le chapiteau : un paradis dans lequel les âmes, représentées sous forme d'oiseaux, paissent tranquillement entre une végétation luxuriante.

 
 
   
 Rentrer dans une église, c'est découvrir le Corps et la tête du Christ
 

Lorsqu'on rentre dans l'église, son ampleur est saisissante : on parle de vaisseau avec des doubles collatéraux pour une largeur totale de 32.50 m et une longueur d'environ 115 mètres.

Le vaisseau se développe sur une longueur de 12 travées, chiffre symbolique représentant les 12 apôtres partant en mission dans le monde.

L'aspect massif de la nef donne un sentiment de force, de protection, comme un vaisseau, et peut aussi rappeler l'Arche de Noé, qui représente un inventaire de tout être vivant, porteur de vie : « tout homme qui croit en moi aura la vie éternelle ». Ainsi, les chrétiens, rassemblés dans l'église (Eklésia=assemblée) forment l'Eglise et en sont le corps vivant.

Cette ample église est faite également pour déambuler : Les 4 collatéraux (2 majeurs et 2 mineurs) permettent une circulation aisée des pèlerins dans cette église à 5 nefs. Cette disposition en collatéraux permet également d'élever la nef de l'église à des proportions considérables (21,10 mètres pour la nef et 27,2 mètres pour le haut de la coupole du transept) grâce à l'ingénieux dispositif des contreforts permettant de renforcer la stabilité des murs porteurs (que nous voyons depuis les tribunes) et des arcs doubleaux allégeant de façon élégante la masse de ce mur.

 

L'abside, espace semi-circulaire, la partie la plus sacrée de l'église, est située au bout du vaisseau, à l'Est (1).

Il contient l'autel et le tabernacle (contenant les Saintes Hosties) comme signes de la tête de l'Église, le Christ, source de vie : lieu où l'Eucharistie est célébrée. Sous l'autel était situé jadis le tombeau du témoin (selon les historiens, l'autel devait probablement être situé, à l'époque médiévale, au-dessus de la crypte et non à son endroit actuel).

Le tombeau du témoin est un signe historique tangible, cette tombe raconte une vie qui a conduit à la sainteté. La célébration se réalise au dessus de ce dont le saint a témoigné : la mort et la vie du Christ et l'autel devient ainsi le lieu de rencontre entre la tête et le corps du Christ.

Derrière l'abside se trouve le déambulatoire (5), espace de circulation permettant aux pèlerins de se rapprocher le plus près possible des reliques qui ont pour les croyants, le pouvoir de les protéger des démons, des catastrophes et des maladies. Les nombreuses chapelles (2 et 3) permettent de faire face à la demande pour des messes privées.

Le choeur des chanoines (4) est un espace vaste et calme, qui permet le recueillement des chanoines : là était le clergé, là étaient les serviteurs, là était l'espace liturgique utilisé pendant des siècles par les chanoines pour prier plusieurs fois par jour.

La croisée du transept (8) est libre de circulation au moyen-âge, il n'y a pas de grilles à ce niveau. Le transept (9) représente les Bras du Christ dans l'église en forme de croix.

 
 Sortir d'une église après avoir fait une expérience mystique de l'Église
 

L'Église permet de retrouver le chemin qui conduit au salut, elle exprime en images et en scènes les mystères de la Révélation aux chrétiens qui se retrouvent unis au Corps du Christ.

Le Pèlerin ressort de l'église après avoir fait une expérience mystique de l'Église. La halte sur la route lui permet de se rappeler le sens, le but de son chemin, de trouver dans le témoignage et la traces des saints un appui, pour reprendre sa route de conversion, jamais terminée et de hâter ainsi la venue du royaume de Dieu.

Le pèlerin ressort de l'église :

  • plein de foi : il en a contemplé les figurations et comprend l'appel à la prière, aux anges figurant dans les chapiteaux;

  • plein d'espérance : par le témoignage et la fréquentation des saints, qui jouent un rôle d'intercesseurs, (la société médiévale est très hiérarchisée, féodalité, on dépend de celui qui est immédiatement placé au dessus de soi, qui dépend aussi d'un autre) et lui assurent de leur prière, il retrouve la paix et la sérénité;

  • plein de charité : rénové par les sacrements reçus dans l'Église et par sa conscience d'appartenir au Corps du Christ vivant éternellement, il transmet l'amour qu'il reçoit de Dieu

 
 
Visite pour les groupes
sur demande (3 semaines avant)
 
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Présentation de l'association CASA

Communautés d'Accueil dans les Sites Artistiques, bénévoles qui nous aident à assurer l’accueil des visiteurs en été

     
 
     
  Réalisation : Quentin Henric, 2016  
Mise en ligne le Samedi 18 Février, 2017