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Aristide Cavaillé-Coll
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 Aristide Cavaillé Coll
  Ses origines
et sa jeunesse
  Sa personnalité
  Son œuvre
 
Gaillac - Tarn
 
D. Cavaillé-Coll, père
 
A. Cavaillé-Coll à 20 ans
 
  Ses origines et sa jeunesse - De Gaillac à Paris
 

C'est au pays de Gaillac, dans le Tarn, que la souche familiale se fixe grâce à Jean-Pierre Cavaillé, modeste tisserand, fabricant de serge, étoffe en usage dans la région. Dans le village, une rue Cavaillé-Coll en témoigne. Pourtant, le nom illustre qui flatte cette dynastie est bien le fruit de l'association de deux noms Cavaillé et Coll dont l'alliance est bien attestée par le mariage de l'un des petits-fils du fondateur, Jean-Pierre Cavaillé, le 12 février 1767, (fils de Gabriel, déclaré " Sarger " ou tisserand) avec Maria-Francesca Coll, demoiselle native de Barcelone, fille d'un tisserand fabricant de voiles pour les bateaux. Le frère de Gabriel, Joseph, jacobin à Toulouse, exerce le métier de facteur d'orgues et l'enseigne à son neveu, Jean-Pierre, qui devient par la suite le grand organier du Midi de la France et de la Catalogne.


La famille Cavaillé-Coll est itinérante entre la France et l'Espagne et suit les événements politiques et sociaux des vingt premières années du siècle dans les relations entre les deux pays. Le 16 avril 1771, Maria-Francesca Coll met au monde un garçon qui est baptisé sous le nom de Dominique Cavaillé-Coll (1771-1862) et qui devient facteur d'orgues formant ses fils Vincent et Aristide au même métier. Le décès de Maria-Francesca, à Castelnaudary, le 11 mars 1780, est à l'origine du remariage de Jean-Pierre Cavaillé-Coll, la même année, avec Marguerite Fabry, native de Saint Thibéry (Hérault) fille d'un notaire peu argenté et décédé. Le mariage est célébré par l'abbé Pouget, prêtre, affilié à la loge " La Parfaite Amitié " qui se réunit à Toulouse. Du second lit naît Martin Cavaillé-Coll - demi frère de Dominique - aussi facteur d'orgues et à l'origine d'une descendance qui représente un temps le célèbre Aristide Cavaillé-Coll et son frère Vincent pour les travaux dans la région du Midi de la France.


Jeanne Autard (1788-1864) épouse Dominique Cavaillé-Coll le 26 avril 1810 à Montpellier. On régularise le fruit d'une union, Vincent Cavaillé-Coll, né le 30 octobre 1808 ... et songe à la naissance celui qui marque l'évolution de la facture d'orgues française et internationale au XIXe siècle : Aristide Cavaillé-Coll, né le 3 février 1811.


Jetés sans cesse de France en Espagne ou d'Espagne en France, tantôt par une guerre tantôt par une révolution, les Cavaillé éprouvent dans ces alternatives, de sensibles pertes d'argent. Ils se fixent enfin à Toulouse, en 1827. C'est là que l'aventure commence pour le jeune Aristide et son frère qui n'ont cessé de suivre leur père Dominique sur les multiples chantiers d'orgues. Toulouse offre les moyens d'une enseignement scolaire mieux suivi et organisé, sous l'impulsion de Urbain Vitry (1802-1863) architecte en relation avec la Société d'Encouragement à l'Industrie Nationale (S.E.I.N) et les polytechniciens. Fondateur en 1826 d'un Enseignement de Géométrie et de Mécanique appliqué aux Arts et professions industrielles, le jeune Aristide alors âgé de seize ans bénéficie du climat propice pour concrétiser les capacités de son intelligence.


 Il bénéficie de l'enseignement particulier du protestant Jean-Pierre Thomas Boisgiraud
(1793-1853) nommé professeur de Physique à Toulouse, en 1827. C'est un ancien polytechnicien - promotion 1812 - répétiteur de mathématiques à l'Ecole Militaire de St Cyr dont la notoriété " d'homme d'une intelligence supérieure et d'un dévouement sans bornes à la propagation des sciences " est établie (AN. F/17/20197). Boisgiraud fonde à la faculté des Sciences de Toulouse l'enseignement de " leçons de vulgarisation ".


Aristide Cavaillé-Coll bénéficie encore des conseils de Félix Borrel (1807-1857), polytechnicien et depuis 1832 entré Ingénieur des Ponts et Chaussées. C'est lui qui est chargé des travaux d'approfondissement du lit de la Garonne et de la consolidation du grand pont de Toulouse. Félix Borrel recommande le jeune Aristide Cavaillé-Coll à son collègue Inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées, Charles Mallet (1766-1853) qui rapporte pour lui devant la S.E.I.N, une scie circulaire déjà remarquée à Toulouse, le 7 mars 1833, par l'Académie des Sciences et considérée comme une sorte d'invention non déposée en brevet, mais dont la performance est reconnue et favorise les débuts de sa carrière.

 

A partir d'août 1830, la vie politique locale est confiée à l'autorité du Préfet de Haute-Garonne, Jacques Barennes (1777-1863) qui entretient les meilleures relations avec son ami le Ministre Adolphe Thiers. Il accorde son soutien à l'entreprise Cavaillé-Coll Père & Fils. Sur la proposition de Dominique, il compose une commission au début de l'année 1833 qu'il préside, et qui est chargée d'examiner la qualité de l'instrument nommé Poïkilorgue inventé par eux l'année précédente.


Le voyage initiatique vers Paris se décide aussitôt. La tribu Cavaillé-Coll part à la conquête de la capitale dans un mouvement général favorisé par les intentions de politique culturelle de Monsieur Thiers.

   
  Sources : http://www.culture.gouv.fr/ Mise en ligne le 28 Novembre, 2013