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La manufacture Puget
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  L'instrument - Une sonorité ronde et puissante
 

La maison Puget construit d'abord son image de marque sur une réputation de fiabilité et de belle ouvrage. Les commandes sont toujours traitées avec une extrême minutie, sans que jamais ne pointe la tentation d'une quelconque standardisation. Des ajouts fréquents et à leur frais, en cours de réalisation, témoignent de ce souci constant de perfection.

Les Puget auront toujours à cœur le confort de l'interprète, ce qui était loin d'être toujours le cas chez leurs concurrents ! Très vite, l'adoption de claviers et de pédaliers complets, l'utilisation de divers procédés pour réduire la dureté des claviers et faciliter le métier de l’organiste seront l'une de leurs constantes préoccupations.

L'harmonisation des instruments sera l'objet des mêmes soins. Novateurs, ils s'éloigneront bien vite des modèles classiques. La sonorité générale est ronde et puissante. Les jeux de fonds se distinguent par leur plénitude, les batteries d’anche (Bombarde, Trompette, Clairon) par une force et un éclat parfois hors du commun ! Les flûtes ont un velouté incomparable, les jeux de caractère orchestral (Hautbois, Clarinette, Cor anglais, Basson…) sont d'une distinction parfaite. Enfin, des boites expressives d'une efficacité rarement égalée rendent possible les nuances les plus délicates, les effets les plus saisissants, du pianissimo au fortissimo !

 

Notons également que chaque fois que les Puget seront chargés de la reconstruction d’un orgue, ils auront toujours à cœur de conserver tout le matériel ancien digne de l’être et susceptible de s’intégrer dans leur nouvel instrument. Ainsi, leur production se révèle riche, variée, originale, éloignée de toute standardisation et réservant toujours de belles surprises à l’organiste.

Si les réalisations de la Manufacture se concentrent massivement dans le Sud de la France, sa réputation lui valut aussi des commandes partout en France. On pouvait ainsi trouver des orgues Puget dans 44 départements français, du Nord aux Pyrénées-Orientales, de la Charente-Maritime au Jura ; 13 instruments furent installés à Paris. Enfin, les orgues construits en Algérie, en Allemagne, dans le Caucase, en Espagne, à l’Ile Maurice, aux Indes, en Italie, à Madagascar et au Sénégal, témoignent d’une activité et d’une renommée largement insoupçonnées aujourd’hui. 

Ce qui fit l’originalité des orgues Puget causa leur perte. La plupart des grands instruments, tels ceux d’un Joseph Merklin, furent démantelés, victimes du mouvement néobaroque et de l’incompréhension inspirée par des sonorités trop éloignées des modèles classiques.

Parmi les vingt-cinq plus grands instruments issus de près de cent-vingt ans d’activité, quinze furent détruits ou défigurés au cours des cinquante dernières années ! Sur les dix instruments conservés, seuls trois ont été scrupuleusement restaurés, trois autres sont injouables mais relativement bien conservés, et quatre sonnent encore pour le plaisir de ceux qui les jouent ou les entendent.

Il est aujourd’hui plaisant de voir de jeunes organistes de tous pays, toujours plus nombreux, venus à Toulouse apprécier les puissantes sonorités du Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin, s’extasier devant les timbres puissants et chaleureux et ô combien poétiques des orgues de Notre-Dame la Dalbade et Notre-Dame du Taur. Ailleurs, de nombreux instruments de taille plus modeste ont été scrupuleusement restaurés et font aujourd’hui l’admiration de leurs auditeurs (Jégun, Lautrec – Lavaur, Saint-François – Lavelanet – Saint-Lys – Seysses – Toulouse, Notre-Dame la Daurade, etc.).

Puisse ces quelques lignes rendre justice à l’une des plus estimables manufactures d’orgues françaises et inciter de nombreux organistes et amateurs d’Art à venir découvrir ces instruments si attachants.

   
    Mise en ligne le 28 Novembre, 2013