unité pastorale

St Sernin | ND du Taur | St Hilaire St Pierre

 

La Paroisse Catholique > Galerie photos > La Messe de clôture de la visite pastorale de Mgr Le Gall
 

 

 

Galerie photos  
   
  Messe de clôture de la visite pastorale de Mgr Le Gall
  juin 2015
     
 
Homélie de Mgr Le Gall

La visite du Pasteur du diocèse dans les communautés de son Église locale est une de ses grandes joies : elle n’est pas une inspection, mais un encouragement pour tous, y compris l’évêque. Elle porte sur la manière dont sont honorées les trois fonctions du Christ, qui sont aussi celles de l’Église et de chaque chrétien : celle d’annoncer la foi, de célébrer la  foi et de servir au nom de la foi. Aujourd’hui, je conclus cette visite au moment où va être ordonné un des « fidèles » de cette Basilique insigne, fidèle, entre autres au cher chanoine François Jugla, à qui nous pensons fortement. Précisément, son ministère sacré va se situer dans les trois fonctions que je viens de mentionner.

Annoncer la foi

Mes premières rencontres ont été celles des enfants à l’Immaculée-Conception qui, avec leur directeur et leurs professeurs, m’ont accueilli chaleureusement avec un beau chant. Ce fut ensuite l’Aumônerie de l’Enseignement public des Chalets à Saint-Hilaire, puis l’équipe de préparation au baptême. À la maison paroissiale, à l’heure des catéchismes, j’avais l’impression d’être dans une ruche : il y avait des enfants à tous les étages avec leurs catéchistes. Plus tard, j’ai rencontré l’A.E.P. d’Ozenne Saint-Sernin rue du Sénéchal.

Dans les écoles catholiques, une attention privilégiée entoure les enfants plus fragiles ou en difficulté, ce qu’il convient de poursuivre, dans le sens d’une belle mixité sociale.

Les jeunes qui se préparaient à la confirmation m’ont dit leur joie de « découvrir que la prière était notre respiration de chrétiens ». Ils ajoutaient : « Cette liberté dans la foi nous a libérés de notre peur de grandir chrétiennement ». « Jésus nous reconstruit et nous donne envie de mettre nos pas dans ses pas ».

Vous avez à cœur de proposer des éléments de culture chrétienne, où l’histoire de l’Église a sa place, ce qui est très apprécié. Votre compétence d’historien à l’Université Jean Jaurès et à notre Institut catholique, cher Philippe, vous amène à transmettre la foi au travers des vingt siècles du christianisme, ce que vous continuerez de faire pour le bénéfice des jeunes, des séminaristes, des communautés chrétiennes dans le diocèse.

Célébrer la foi

Dans le cadre de la basilique de Saint-Sernin, la liturgie peut se déployer avec beauté. Les espaces sont splendides ; ils sont faits pour une église de pèlerinage, ce qui rend les processions des corps saints très appropriées. Il convient de veiller à ces deux qualités recommandées par le concile Vatican II pour une authentique liturgie : noblesse et simplicité ; ce rapport beauté-sobriété est vérifiable quelles que soient les possibilités locales. Vous vivrez votre ministère de diacre dans cet esprit, j’en suis sûr, cher Philippe.

Il convient d’encourager les équipes de liturgie qui, au Taur, à Saint-Hilaire et à Saint-Sernin, d’une façon adaptée aux différents lieux, assurent la préparation des offices, avec les chants, les lectures et les prières universelles. Les célébrations bénéficient assez souvent d’un chœur de qualité, très motivé, sans parler de l’orgue avec son titulaire, Monsieur Michel Bouvard. De jeunes servants d’autel, auprès de quelques aînés plus expérimentés, soulignent le caractère sacré de la liturgie.

Il est heureux que les piliers de la Basilique soient ornés à certaines fêtes de tapisseries de qualité, ce que j’espère bientôt voir à la cathédrale.

Des visites guidées de la basilique, qui expliquent les multiples symboles d’un lieu exceptionnel, sont qualifiées de « spirituelles ». De fait, elles nourrissent la foi et vous y participez, cher Philippe.

Servir au nom de la foi

Le Service évangélique des malades remplit généreusement son rôle auprès des personnes qui ne sont pas toujours faciles à repérer et visiter. Les équipes de l’accueil, qui est si important de nos jours et qui exige une préparation, sont présentes quand il le faut.

La comptabilité veille sur l’équilibre financier des activités pastorales et il faut remercier les personnes qui s’investissent en ce domaine.

La visite à l’Ostalada, où j’avais déjeuné avec des jeunes drogués voici trois ou quatre ans, m’a profondément ému, avec toutes ces personnes qui trouvent là, grâce au Secours catholique, un hâvre de paix et d’amitié. Un enfant de six ans et demi dans les bras de sa mère, au moment où les uns et les autres apportaient leur témoignage, a dit fortement : « Ici, c’est l’amour ! » Et je suis invité à partager la première soupe de Carême 2016 à l’Ostalada.

D’autres formes de proximité avec les pauvres sont à trouver et à suivre.

La Diaconie de la beauté me tient aussi à cœur. En nommant ici l’abbé Vincent Gallois, je lui ai demandé de faire quelque chose pour les artistes. Dans ce haut lieu cultuel et culturel, où tant de personnes passent, des formes différenciées d’évangélisation trouvent naturellement leur place. Chaque année des Chemins de croix de style très variés sont proposés à la réflexion et à la dévotion de chacun. Des « messes » sont composées et diverses manifestations permettent à la foi de s’exprimer et de se transmettre, ce que nous faisons aussi au plan diocésain, en lien avec d’autres diocèses. Dans son Encyclique Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune, le pape François parle souvent de la beauté pour nous y rendre plus sensible. Vous aurez à cœur, cher Philippe, de la souligner de toutes les façons possibles en votre ministère.

Vous comprenez que la mission du diacre ne se cantonne pas dans la diaconie. Pour vous, l’annonce et la transmission de la foi à travers l’Histoire, l’Histoire du salut, sera, je pense, première, et vous n’omettrez pas de remplir vos fonctions liturgiques dans cette basilique vénérable et splendide.

Avant, pendant et après votre ordination, Philippe, vous restez le même, dans le tissu de vos relations conjugales, familiales, professionnelles et ecclésiales, mais vous allez aussi devenir autre. Saint Paul, dans le passage que nous venons d’entendre de sa deuxième lettre aux Corinthiens, me permet de laisser comprendre : « Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle » (5, 16-17). La grâce et la marque – le « caractère » - de votre ordination vous garde vos traits et vos dons humains, mais elles vous changent en profondeur. Désormais, ces richesses humaines sont traversées par une nouvelle identité, celle de serviteur, avec le Christ, à sa suite, à son image : toute votre vie concrète en sera marquée ; le regard des autres aussi sur vous en sera modifié, enrichi. Vous allez devenir une « créature nouvelle » à ce titre-là. De cette façon, vous contribuerez à l’éclosion d’une création nouvelle, au service de la « maison commune » de cette terre, selon l’enseignement présent du Saint-Père. « Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » (17).

Conclusion

Tout ce que j’ai pu voir, observer, ressentir pendant ces visites échelonnées depuis le mois de mars, me réjouit. Je vous encourage en toutes ces activités et vous invite à en trouver d’autres, pour que nous soyons des disciples missionnaires, donnant l’exemple d’une authentique communauté de disciples. Ma prière et ma bénédiction visent à développer votre témoignage ecclésial, pour que ces « maisons de Dieu » diffusent l’amour, la joie, la paix et fassent mûrir tous les fruits de l’Esprit Saint, qui est le Patron divin de Saint-Sernin.

 
Mise en ligne le Lundi 29 Juin, 2015