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Obéissant
jusqu'à la mort sur une croix
 

Une belle croix orne notre nouveau tympan. Pour arriver à faire de la croix une œuvre d’art, il y a tout un chemin spirituel qu’il faut nous rappeler. Si la croix est pour nous un signe plein de sens et de bonté, cela ne fut pas évident.

« En se faisant obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix », Jésus a rejoint l’humanité dans son malheur. La croix, supplice cruel, marque la prétention des hommes à établir la justice (le bon larron dira : « pour nous, c’est juste ») et, en même temps, son incapacité à la réaliser puisque, par Pilate et Caïphe, l’humanité tout entière condamne en Jésus l’innocence. La croix de Jésus concentre donc le péché des coupables, la souffrance des innocents et les obscures relations entre les uns et les autres. Mais si la croix est devenue autre chose que le symbole du malheur de l’humanité, c’est que Jésus y a pris place volontairement : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne. » En Jésus, Dieu vient se faire solidaire de notre condition blessée pour nous donner part à sa condition glorieuse. Il vient mettre un amour parfaitement inouï dans ce trou noir de l’injustice, pour que l’innocent soit déclaré tel, consolé et restauré, pour que le coupable ne soit plus éliminé mais purifié par le pardon et rendu juste. Voilà donc la croix que le Christ nous tend.

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L’Église est un peuple marqué par la croix. La croix n’a pas toujours été reçue comme le signe des Chrétiens tellement elle était abominable. Tant que l’Empire Romain a pratiqué le supplice de la croix, les Chrétiens ont adopté d’autres signes pour exprimer leur foi. Ce n’est qu’à partir de la désaffection de ce supplice et de l’oubli de sa cruelle réalité que la croix est devenue le signe de la foi chrétienne. Le mystère dont le Christ l’avait rempli et a pris le pas sur sa matérialité. Le signe du malheur est devenu celui de la Bénédiction et du coup, un rite que nous réalisons souvent sur nous-mêmes et que le prêtre accomplit sur le peuple.

Être marqué par la croix ne veut pas dire que les Chrétiens doivent se faire tondre ou égorger comme des moutons par tous les méchants de la terre ou qu’au contraire, nous aurions dans la croix un bouclier qui nous protègerait de tout malheur. La bénédiction de la croix nous enseigne que l’amour du Christ a accompli et continue d’accomplir une œuvre de paix inaccessible aux hommes. L’Église est le peuple qui porte cette espérance et est chargée de vivre cet amour-là au cœur de l’injustice actuelle.

Nos patiences dans l’épreuve et nos efforts de conversion, nos repentirs et nos combats pour la justice et la vérité, l’initiative de l’amour face à la haine ne sont jamais perdus. Grâce au Christ, enrichis de sa force, ils sont rendus capables de transformer le monde. L’Église est le peuple qui sait la force rédemptrice de cet amour au cœur même de l’échec, de l’injustice et de la violence et cet amour peut, parfois, aller jusqu’au sacrifice de soi-même.
C’est pour cela que la Croix est un signe de victoire, un signe lumineux, un signe glorieux. C’est pour cela que sur les édifices où l’Évangile est proclamé, elle est érigée et que nous aimons à la tracer sur nous.

Que cette Eucharistie où le Christ, offert sur la croix, maintient son don nous aide à vivre en ayant à chaque instant et dans chaque circonstance l’initiative de l’amour. C’est notre vie maintenant et dans les siècles de siècles.

 
Mise en ligne le Jeudi 2 Octobre, 2014