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De l'utilité des conflits !
 

On imagine trop souvent que l’Église à ses débuts était comme une société parfaitement paisible, où tout allait bien. En fait, l’Evangile et les Actes des Apôtres disent et la joie de la vie fraternelle et les difficultés humano-humaines rencontrées.

Ainsi, il y avait « des récriminations entre les frères de langue grecque et ceux de langue hébraïque ». Cette Église naissante est déjà traversée par un conflit non pas théologique mais culturel. Les hellénisants et les hébraïsants ne s’entendent pas. Les uns jalousent les autres pour des histoires très matérielles. La différence culturelle pas plus que les autres différences sociales, économiques, politiques, ne sont gommées dans l’Église. Le Baptême nous fait tous frères, tous égaux mais sans nier les différences que nous avons à articuler de façon ecclésiale.
Il est intéressant que ce conflit qui n’est pas à la gloire des premiers chrétiens nous soit rapporté. N’ayons pas peur de nommer les différences et les conflits sous-jacents  que nous pourrions ressentir (on évitera d’en créer là où il n’y en a pas).
Le problème n’est pas le conflit (ici la différence de traitement perçue comme illégitime) mais la manière de le gérer.

La gestion du conflit se fait par l’autorité des Apôtres. Il y a comme une procédure qu’ils nous partagent. Ils constatent que les faits sont avérés, ils notent la limite de l’organisation du moment qui repose sur les Apôtres. Le maintien des missions des Apôtres (la prière et l’enseignement) autant que la nécessité d’une nouvelle organisation déléguée (le service des tables, objet des récriminations) sont analysés. Ils offrent une réponse dans l’institution du diaconat. En somme, le conflit a eu une utilité en faisant émerger une institution (le diaconat) qui demeure encore. Nos conflits (dans notre Église comme dans nos communautés, couples familles etc.) sont donc l’occasion de stimuler notre vigilance sur les attentes des uns et des autres et sur l’accomplissement de la mission propre à chaque réalité. Ils doivent nous permettre d’être inventifs afin de répondre aux sollicitations de chacun.

 

 

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L’Église est ainsi toujours en construction. St Pierre nous le rappelle.  « Vous aussi, comme pierres vivantes,entrez dans la construction de la demeure spirituelle. » La solidité de cette construction est assurée par le Christ qui en est la pierre angulaire. Il est « la Vie » qui communique sa puissance vitale à tout l’édifice. Le but de cette construction vivante est que nous devenions «  le sacerdoce saint pour présenter des sacrifices spirituels. »
Par le baptême, nous participons à la dignité sacerdotale de Jésus, c’est à dire que nous nous avançons avec Lui et dans l’Esprit vers le Père, que nous lui offrions non pas des sacrifices extérieurs d’animaux ou les prémices des récoltes comme cela se pratiquait autrefois mais des sacrifices spirituels. Nous offrons à Dieu notre amour, notre louange, notre vie. Nous sommes invités à offrir d’une manière toute spéciale notre capacité à tenir l’autre avec qui je suis en conflit comme un véritable frère et donc notre conversion pour surmonter les conflits. Ce « sacerdoce saint » est comme un laboratoire qui transforme la boue de nos jalousies en or de la charité chrétienne, qui transmute les récriminations en fraternité et en louange. Cette sociabilité chrétienne n’est pas seulement un bien vivre ensemble à vocation sociale même si c’est appréciable. Elle exprime ce que nous sommes « une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut. » Cette sociabilité devient une prophétie du Royaume de Dieu. Ne craignons pas de vivre cette capacité de transformation de nos limites humaines et sociales, c’est un aspect de Bonne Nouvelle que nous devons annoncer à nos contemporains.

Que cette Eucharistie nous aide à identifier et à nommer les conflits au milieu desquels nous vivons et stimule notre capacité à les résoudre pour faire grandir l’Église maintenant et dans les siècles des siècles.

 

 

 
Mise en ligne le Mardi 16 Mai, 2017