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Dieu de tous
 

Il y a une victoire de l’Église que l’on peine à reconnaître mais qui marque profondément les mentalités de notre temps : l’universalisme (en grec, on parle de catholicité). Il nous paraît aujourd’hui inconcevable qu’une réalité humaine essentielle ne puisse être celle de tous les hommes. Cette conviction trouve son fondement dans la Bible. Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Le Dieu unique révèle à son peuple élu, son peuple choisi Israël, que le festin de la fin des temps, figure de la joie et de la vie éternelles, sera pour tous les peuples. Le Dieu d’Israël est le Dieu de tous.

 

Le Dieu de tous est d’abord le Dieu d’Israël. La révélation que nous recevons dans la Bible est une révélation qui s’est faite dans un cadre particulier, par le biais d’un peuple, d’une histoire, d’une langue et d’une culture : le Peuple d’Israël, né en esclavage en Egypte, situé dans le temps et dans l’espace.
L’universalisme biblique n’est pas une abstraction philosophique ou rationaliste. En prenant le chemin d’une histoire particulière, Dieu rejoint toutes les histoires particulières, tous les peuples et tous les temps. Pour entrer dans cet universalisme, il nous est demandé de nous connecter à l’expérience spirituelle de ce peuple, cette longue histoire dont les prophètes nous livrent les péripéties. Ainsi la révélation évangélique ne peut-elle se lire sans se référer à l’Ancien Testament. L’universalisme de l’Église porte l’accent d’Israël.

La Parabole des invités à la noce rappelle que le peuple d’Israël, peut manquer à la relation privilégiée qui lui est offerte. L’ouverture de l’Alliance aux autres peuples, annoncée très tôt, est un message pour que le peuple de la Première Alliance ne s’enorgueillisse, ni ne méprise cette élection. Ce n’est pas le choix de l’un contre les autres, mais le choix d’un peuple pour annoncer et préfigurer l’appel de tous les autres, tel ce roi appelant à sa table « les mauvais comme les bons. » Jésus nous le dit encore autrement : Aimez vos ennemis afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. L’amour universel ne peut oublier personne.

 

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Ce Dieu d’Israël, Dieu de tous les Peuples, n’est pas un Dieu qui efface les singularités. L’universalisme n’est jamais une négation des particularités de chaque peuple, ce n’est pas une uniformisation des peuples et des personnes. Ainsi, l’enracinement biblique n’a pas transformé l’hébreu en langue sacré unique et obligatoire mais a appelé à traduire dans chaque langue les merveilles de Dieu ce que l’Église à Pentecôte manifestera. Les coutumes d’une époque et d’un lieu n’ont été sacralisées pour tous les lieux et tous les siècles mais chaque civilisation est appelée à s’approprier et exprimer la beauté de l’Alliance universelle selon son génie propre.
L’universalisme biblique n’est pas non plus un relativisme culturel et social. Le mystère de cette Alliance vient purifier chaque époque et chaque culture des scories du péché qui les marque toutes. Il vient rendre aux personnes leur dignité. Il proclame le respect de la vie de toute personne, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle, quoi qu’elle soit et qu’elle ait fait. La dignité dont je bénéficie, je la dois aussi, sauf à me contredire, à mon tour à toute réalité humaine. Il affirme l’égalité de l’homme et de la femme par la monogamie, symbole de l’Alliance de Dieu avec son Peuple dans une société. L’universalisme biblique nous garantit à la fois contre le colonialisme religieux qui uniformiserait les sociétés, et contre le relativisme culturel qui nierait la nature humaine.

Cette Alliance universelle que célèbrent les Ecritures nous invite à ne jamais oublier que notre propre histoire se trouve toujours à la croisée de l’universel et du particulier. La Croix est justement le moyen qui scelle ces deux dimensions que nous avons à vivre et à honorer. En Jésus, le Juif rejoint les non-juifs, le juste les pécheurs, le Fils unique, la multitude des frères, car en Lui, l’homme est uni à Dieu. Que cette Eucharistie nous procure la force d’être tout à la fois héritier de l’Histoire sainte et de l’histoire de France, dans le temps et dans l’éternité, de Dieu et des hommes maintenant et dans les siècles des siècles. 

 
Mise en ligne le Mercredi 18 Octobre, 2017