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Jésus, ce Messie crucifié
 

L’Evangile est infiniment plus grand que tout ce qui peut se dire ; il est infiniment meilleur que ceux qui l’annoncent ; il est infiniment supérieur à ce que nous en comprenons. Une tentation humaine qui date depuis le début de l’Église est de réduire cet Evangile à quelques actions, à la qualité ou aux défauts de ses ministres, à quelques idées. Chaque fois, l’Evangile déborde de toute part ce qui est dit, ceux qui l’annoncent et ce qui en est compris.

Nous ne voulons  « rien connaître d’autre que Jésus-Christ, ce messie crucifié. » L’Evangile n’est pas d’abord une doctrine, une philosophie ou une sagesse. L’Evangile est une personne : Jésus-Christ. Il n’est de richesse que d’homme, a-t-on coutume de dire, plus encore quand il s’agit du Christ ! Jésus, parce qu’il se tient à la croisée de l’humanité et de la divinité est la Bonne Nouvelle vivante qui se présente à nous. Ne vouloir connaître que Jésus-Christ permet de ce concentrer sur cette annonce vivante qui donne accès à l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance.
St Paul insiste aussi sur Jésus, Messie crucifié. Il souligne le paradoxe. Nous sommes tellement habitués aux croix autour de nous, au signe de croix sur nous que nous avons oublié la contradiction de ces mots. Messie : le consacré, le béni, le saint de Dieu ; crucifié : rejeté, maudit, paria. Le mystère de Dieu que l’Église ne cesse pas d’annoncer s’exprime dans et par un homme, Jésus, sauveur consacré et rejeté à la fois. Il est à la fois révélation du péché de l’humanité «  Dieu l’a fait péché pour nous », révélation de notre mort et en même temps, puissance de vie et du salut de Dieu. Il est justice et pardon, notre mort et notre vie. Il est Messie crucifié.

Cet Evangile que Paul proclame le déborde de toute part. Il annonce Jésus « dans la faiblesse, craintif et tout tremblant. » Je m’étonne avec vous que St Paul puisse craindre et trembler mais ailleurs, il reparle de sa faiblesse, ailleurs encore, d’une écharde dans sa chair etc. Il affirme ainsi que la force de l’Evangile ne vient pas du prédicateur. L’Evangile est la force qui soulève le prédicateur et les auditeurs, et non l’inverse. Il est important de ne jamais oublier que Jésus est toujours plus grand que ce que l’on peut en dire ; plus encore la vérité de l’Evangile ne dépend pas de la qualité du prédicateur. Quand bien même, le pire des hommes  vous annoncerait Jésus, Messie crucifié, la Bonne nouvelle n’en serait pas moins puissante. Comme Jésus a voulu nous sauver par la Croix, l’Evangile est annoncé par des pécheurs.

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« Pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » La tentation de l’auditeur, symétrique à celle du prédicateur, est de réduire à l’Evangile pour un aspect qu’il aura retenu, compris ou aimé. Réduire l’Evangile à un argument que l’on aura composé, comme de réduire la Trinité à l’image d’un triangle ! La sagesse de l’Evangile dépasse la sagesse des hommes. Nous avons des raisons de croire mais croire est toujours un dépassement de la raison. Il est possible et même souhaitable de trouver des arguments et des raisons à la foi. L’Incarnation, la Rédemption, la Trinité peuvent se mettre en mots et en discours pour tenter de rendre compte de la foi dans notre temps, dans notre culture mais la foi demeure au-delà de la sagesse humaine et de tous les arguments. La foi réclame un saut que fait le croyant pour aller au-delà de ses raisons de croire et accueillir Jésus-Xt, Messie crucifié. Ce saut est porté par Dieu, par la grâce de Dieu.

Cette annonce paradoxale « un Messie crucifié» est la Bonne nouvelle qui vient confondre les orgueils de l’humanité pour sauver les hommes. Elle nous illumine tant que nous ne la réduisions pas à nous-mêmes. Que cette Eucharistie où le Crucifié se donne en vivante nourriture nous fasse recevoir et proclamer cette Bonne Nouvelle maintenant et dans les siècles des siècles.

 
Mise en ligne le Lundi 13 Février, 2017