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Maintenant je vois
 

« J’étais aveugle et à présent je vois ! »  C’est ainsi que l’aveugle-né résume son expérience. Cette guérison est bien sûr une libération pour lui mais elle demeure un enseignement pour nous.

L’aveugle n’a rien demandé. Dans les autres récits de guérison, les aveugles, les lépreux, les malades ou leurs proches font appel à la puissance de Jésus et Jésus répond à cet appel. Ici, l’aveugle n’a rien demandé. Il est simplement l’objet d’une discussion sur l’origine et la cause de son mal : s’il est aveugle, est-ce de sa faute ou bien celle de ses parents ? En somme, ne serait-il pas maudit. C’est ainsi que les mentalités d’alors (et probablement encore celles d’aujourd’hui) le percevaient. Jésus prend donc, de lui-même, l’initiative de le guérir. Il veut le guérir, lui, pour guérir nos mentalités qui imaginent un Dieu pervers qui maudirait les hommes, un Dieu qui viendrait enfermer l’humanité dans son péché. Cette initiative de Jésus pour lui résume l’initiative de Dieu pour l’humanité tout entière : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a envoyé son Fils unique pour que par Lui le monde soit sauvé. » Jésus révèle un Dieu qui, de Lui-même, compatit à la misère de l’homme.

Jésus avec de la salive fait de boue pour l’appliquer sur les yeux de l’aveugle. Alors qu’ailleurs, il guérit d’un regard ou d’un mot, ici, Il veut s’associer la création. L’apport de Jésus, sa salive, se mêle à la nature, à la terre. La grâce du Christ vient revivifier la nature indigente et insuffisante à nous apporter la plénitude de la vie. Plus loin Jésus dira : « sans Moi, vous ne pouvez rien faire. » Cette salive crachée sur la terre préfigure le sang que Jésus répandra depuis la Croix sur la terre. Il faut cet apport de Jésus pour réparer l’humanité blessée. En appliquant cette boue sur les yeux de l’aveugle-né, Jésus refait les gestes de la création quand Dieu modela Adam avec la glaise. Jésus notre Sauveur, vient recréer l’humanité déchue. Jésus fonde une Création nouvelle.

 

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L’aveugle doit aller se laver à la fontaine de Siloë. « Si Dieu t’a créé sans toi, Il ne te sauvera pas sans toi » rappelait St Augustin. Cette guérison associe le malade à son salut. Il doit faire quelque chose : ce n’est pas tant d’aller à la fontaine que d’obéir à l’ordre du Christ d’y aller. Ce consentement à la parole de Jésus est notre action primordiale et il vient déclencher la guérison. C’est un premier acte de confiance que l’aveugle-né exprime à Jésus et qui le conduira à l’acte de foi dans Jésus, Fils de l’homme quand il le rencontrera. L’évangile précise qu’alors l’aveugle-guéri se prosterna devant Lui ; l’homme guéri reconnaît en Jésus le Dieu qui l’a sauvé.

Pour entrer dans ce chemin de la guérison de nos mentalités, nous devons identifier nos aveuglements comme tels. Jésus dénonce le pharisaïsme, cette logique comptable du salut qui s’infiltre dans toutes nos idées sur Dieu et sur les hommes. La logique de la miséricorde est proprement surnaturelle, c’est elle qui nous fait voir Dieu autrement pour dire avant « j’étais aveugle et à présent je vois. »
La foi qui nous libère de cet aveuglement et que Jésus réclame n’est pas seulement de croire qu’Il existe mais qu’Il sauve gratuitement, qu’Il répare le cœur de l’homme en donnant sa vie, qu’Il nous associe à son œuvre et à sa gloire.  Croyez-vous cela ?

 
Mise en ligne le Mardi 28 Mars, 2017