unité pastorale

St Sernin | ND du Taur | St Hilaire St Pierre

 

La Paroisse Catholique > Fortifier sa foi > Les homélies > Pardon

 

 

 

Pardon
 

Est-ce que Dieu me pardonnera parce que j’ai pardonné ou bien est-ce que je pardonne parce que Dieu a d’abord pardonné ? C’est la question que pose les textes de ce dimanche.


L’enseignement de l’Ecriture semble bien nous affirmer que le pardon de Dieu dépend de celui que nous aurions d’abord accordé. « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait alors à ta prière, tes péchés seront remis. » Le Seigneur Jésus le confirme avec la parabole du débiteur impitoyable : «  C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Le Notre Père en nous faisant dire : « Pardonne-nous comme nous pardonnons» répète la même chose. Notre sort final dépendrait donc de nous-mêmes, du pardon que nous donnerons à nos débiteurs, de ceux qui nous ont blessés.

Le pardon serait alors praticable sous la seule injonction morale et prophétique, ce que St Pierre semble tenir en demandant au Seigneur combien de fois pardonner. Il y a des raisons naturelles de pardonner que ne manque pas de souligner Ben Sira le Sage. « Rancune et colère sont abominables » et donc à exclure de nos vies. Nous pouvons aussi faire l’expérience que la rancœur et plus encore la soif de vengeance détruisent surement la vie de ceux qui les éprouvent. Il y a aussi un motif à la mansuétude et à l’indulgence pour celui « qui ne sait pas ». L’ignorance du fautif semble devoir plaider en sa faveur. Il serait donc raisonnable et humain de pardonner.

Pourtant si le pardon était facile, cela se saurait. L’injonction prophétique et l’enseignement biblique sont si insistants sur la possibilité et la nécessité de pardonner que cela témoigne justement de sa difficulté. De plus, cette difficulté à pardonner n’est pas identifiée à la recherche de la justice mais au contraire elle est assimilée au péché. Il n’y a pas les victimes d’un coté et les coupables de l’autre. Chacun de nous est tout à la fois victime, coupable et complice du péché dont ce monde souffre. La seule porte de sortie est le pardon, comme l’Ecriture ne cesse de le répéter, mais les hommes seuls n’arrivent pas à pardonner.

Contacter un Prêtre
aller plus loin
Leur première homélie
  François
Benoit XVI
Jean-Paul II
Homélies du Curé de St-Sernin
  2016
2015
2014
2013
Sur le web
  Homélies du Pape François, jour après jour
Une homélie
pour chaque jour de l'annee
Homélies du "Jour du Seigneur" sur France 2
 


Pour nous permettre de pardonner, Dieu s’est donc mis en peine de nous pardonner d’abord. La parabole nous dit que le pardon du roi, qui tient la place de Dieu, est premier. Ce pardon de Dieu accordé aux hommes rendra nos pardons possibles. Dieu renonce à la justice (cet impossible remboursement d’une dette colossale) pour faire grâce au débiteur. C’est un pardon initial et infiniment généreux qui doit déclencher les nôtres par gratitude.

La parabole annonce le pardon que la Croix promulguera. Sur la Croix, la faute et « le billet de la dette » de l’humanité sont manifestées. Elle est « le compte rigoureux du péché » de l’humanité. Cette dette colossale que nous ne pouvons pas rembourser, prenons-en conscience. Elle est simultanément la proclamation de la miséricorde à ceux qui justement « ne savent pas ce qu’ils font. » Plus encore, ce pardon de Jésus, « rançon pour la multitude », est, grâce à Dieu, mis au compte de l’humanité. C’est le sens du Notre Père enseigné par Jésus. Quand nous disons « comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, » « nous » désigne Jésus qui a rejoint les hommes et prie le Père avec eux. Dès lors, puisque l’homme a pardonné, Dieu pardonnera. Il tient le pardon de Jésus comme la cause de tous les pardons qu’Il nous accorde.

En somme, les hommes étant incapables de se pardonner les uns les autres pour mériter le pardon de Dieu, le Fils éternel est venu, en Jésus, pardonner les hommes pour leur obtenir la miséricorde du Père.
Que cette Eucharistie nous manifeste davantage la miséricorde du Seigneur pour que nous sachions accueillir la grâce du Seigneur et nous pardonner les uns les autres du fond du cœur.

 
Mise en ligne le Lundi 18 Septembre, 2017