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Aimer Dieu
 

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » Voilà ce premier commandement qui doit toujours être notre boussole. Aimer Dieu n’est ni facile, ni facultatif. Ce n’est pas facile parce que nous n’en avons pas une expérience directe or il faut connaître pour aimer ; ce n’est pas facultatif parce que cet amour premier nous aide à bien aimer.



Ce n’est pas facile d’aimer Dieu. Nous ne le connaissons pas directement. Un Père de l’Église écrivait : Ô Toi l'au-delà de tout, n'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de Toi ? Quelle hymne Te dira, quel langage.  Aucun mot ne t'exprime. A quoi l'esprit s'attachera-t-il ? Tu dépasses toute intelligence. Seul, Tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de Toi. Seul, Tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de Toi. Dieu nous dépasse tellement que notre expérience de l’amour qui emprunte les voies de l’expérience sensible est décontenancée. Dieu est littéralement éblouissant, Il est aveuglant.
Pour aimer Dieu, nous sommes dépendants d’un récit sur Dieu et c’est là que cela se complique. Quel récit de Dieu avons-nous reçu ? Ce récit est-il conforme à Dieu ? Est-ce qu’il décrit Dieu ou l’auteur du récit ?
Il faut bien vérifier le récit sur lequel on fondera son amour de Dieu. Tous les récits ne disent pas la même chose, tous n’ont pas la même intention. Il y a même des récits qui ne favorisent pas l’amour mais au contraire suscitent dans le cœur des hommes des passions brutales ou violentes.
La Bible recueille le récit que le peuple juif fait de Dieu. En fait, ce n’est pas un récit mais des récits. Ils sont nombreux, complexes et variés en styles, en époques de rédaction, en intentions. Tout au long de son histoire, des prophètes ont augmenté la collection des récits. A travers la vie de ce peuple, un visage de Dieu s’est peu à peu dessiné. Israël a ainsi appris à aimer le Dieu dont il a fait l’expérience. « C’est moi le Seigneur ton Dieu qui t’a fait monter d’Egypte. » Israël a appris à aimer un Dieu libérateur. « Voici que je mets devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur, Choisis donc la vie ! » Israël a appris à aimer le Dieu de la vie (au lendemain d’Halloween, on voit bien que cet amour de la vie n’est pas si évident). « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » Le récit que Jésus-Christ nous fait de son Père nous montre enfin un Dieu qui nous aime infiniment.

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Les interdits alimentaires ne sont pas sans danger. C’est pourquoi le Seigneur nous a dégagés de ces pratiques-là. Tout d’abord, Jésus nous offre un autre regard sur la nature. Il n’est rien qui soit impur par lui-même. « Dieu vit que cela était bon, que cela était très bon. » Jésus retire la norme religieuse de la cuisine et du marché. Il rend à chaque société, à chaque civilisation sa liberté. Il « laïcise » la cuisine ! Les aliments doivent être jugés selon leur qualité propre, ils n’ont pas de qualité religieuse. Soit ils sont comestibles, soit ils ne le sont pas ; soit ils sont à votre goût, soit ils ne le sont pas. La sainteté n’a aucun rapport.
De plus, « le Royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson. » Il y a pour Jésus un grand danger de se disperser dans les pratiques religieuses qui feraient écran à l’essentiel : la justice, la paix et la joie. Jésus nous ouvre à une relation personnelle avec son Père, un cœur à cœur avec Lui, par l’Esprit et à traduire en amour du prochain. Nous encombrer de pratiques culinaires et alimentaires, c’est faire primer l’accessoire sur le principal.
Cependant, l’Église a développé, elle aussi, des traditions alimentaires. Elles ont été une manière d’incarner la foi dans le quotidien. Comme les différents cantiques dans la liturgie, elles célèbrent dans l’alimentation telle ou telle fête : la dinde à Noël, l’agneau à Pâques, tel gâteau pour les Rois ou les crêpes à la Chandeleur. Elles varient selon les lieux et les époques, elles ne sont jamais obligatoires. Quant au poisson le vendredi, il s’agit d’une recommandation de faire pénitence en jeûnant, en « faisant maigre » en souvenir et en union avec la Passion du Christ.
Peut-être vous demandez-vous si vous pouvez manger Halal ou Casher ? Il est bien clair qu’il ne serait pas courtois de refuser un repas parce qu’il serait ainsi. Et si vous recevez des personnes observant de telles prescriptions, il est un devoir de charité chrétienne de se renseigner sur ce qu’ils acceptent de consommer.

Aimer Dieu n’est pas facultatif, ni accessoire. Aimer Dieu (Celui dont la Bible et Jésus nous ont fait le récit) est prioritaire car Il est le seul véritablement aimable. Dieu fonde l’existence de toute chose en ce monde, Il est la source de toute vie, Il est la source de toute beauté, de toute bonté. Dieu est la perfection du don. Dieu est amour. Aimer Dieu est ainsi une affaire de justice comme de  bon goût. Aimer ce Dieu là aide à construire un monde fonder sur l’amour.  
Aimer Dieu permet d’aimer son prochain et de s’aimer soi-même. Nous faisons l’expérience des qualités et des limites de ceux qui nous entourent autant que des nôtres. Aimer son prochain et s’aimer soi-même peuvent se fonder sur de mauvaises raisons (l’intérêt, l’habitude ou l’orgueil) ou sur des motifs superficiels ou passagers.
Aimer à partir de l’amour de Dieu nous apprend à bien aimer. Aimer avec clairvoyance et miséricorde, avec exigence et patience. Aimer ce qui sert la vie, la dignité des personnes, la liberté authentique. C’est pourquoi Jésus nous dit enfin de « nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés. » Il rend notre amour possible.
Que cette Eucharistie où Jésus nous aime en se donnant totalement nous apprenne à aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre intelligence, de toute notre force. C’est ainsi que nous sentirons en nous la vie éternelle.

 
Mise en ligne le 5 novembre