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Deux petites pièces...
 

« Deux piécettes. Cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car elle a pris de son indigence. » Face à la brutalité de la 1ère guerre mondiale, cet Evangile nous rappelle que le service de la Paix passe par ce qui peut paraître dérisoire à vue humaine.
Dérisoire face à la démonstration de puissance de destruction que la guerre met toujours en œuvre. Cette 1ère guerre industrielle, cette 1ère guerre de masse a mobilisé l’énergie de tout un continent à son autodestruction et nous sommes encore marqués des conséquences de cette guerre. Son déclenchement fut irrésistible. Tel un domino, les alliances militaires firent basculer les pays un à un dans le conflit. Tous semblaient se réjouir d’en finir avec leur ennemi héréditaire. Tous s’entêtèrent dans le conflit et des occasions de paix négociée ne furent jamais exploitées. L’incurie du commandement associée au mépris des hommes ajouta encore à la monstruosité de la guerre. Ce fut vraiment l’exacerbation de la culture de la mort (10 000 000 de tués – 6300  par jour –, 8 000 000 d’invalides) et toutes les souffrances induites : les 3 000 000 de veuves, les 6 000 000 d’orphelins, les couples brisés, les familles anéanties, des générations souillées par l’extrême souffrance de la guerre qui ne fut hélas que le 1er acte d’un conflit qui allait reprendre 20 après. La puissance de destruction nous paraît ainsi toujours dominante. La mort semble être celle qui aura toujours la victoire dans l’histoire des hommes.
Pourtant Jésus nous dit que les deux piécettes de la veuve valent plus que les grosses sommes, « car elle a pris de son indigence. » Il y eut, au cœur même de la guerre, de ces piécettes qui en dénoncèrent l’absurdité et le scandale et proclamèrent ce que l’humanité a de meilleur. L’abnégation, le courage, l’héroïsme ne manquèrent pas et montrèrent la capacité des hommes à se dépasser jusqu’au sacrifice. La camaraderie des tranchées permit à des mondes sociaux jusqu’alors étrangers de se rencontrer et de s’estimer. Il y eut aussi, dans la boue et l’épreuve, la réconciliation des deux France, la laïque et la catholique. La célébration de Noël 1914, bien avant que la lassitude du conflit n’ait gagné les esprits, provoqua des scènes de fraternisation car les mêmes cantiques étaient chantés de part et d’autre du front. Voilà autant de petites pièces qui étincelèrent la boucherie de pépites d’humanité.

 
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Il fallait pour cela « prendre de son indigence. » Jésus nous montre de quelle fécondité est porteuse l’humilité. La veuve est l’archétype de la vulnérabilité sociale, une femme dans un monde d’hommes, seule face à la foule, blessée dans sa conjugalité, pauvre de surcroît. Elle cumule toutes les faiblesses. Mais « elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. » Elle a accompli un don authentique, le don total d’elle-même. Elle a mis plus que tous ! La valeur du don ne dépend pas de la quantité mais de sa qualité. Son don au Temple prophétise celui que Jésus fera de Lui-même à son Père par la main des hommes. Elle devient une image de Dieu Lui-même, d’un Dieu qui ne sait que Se donner.
Le Seigneur nous montre que la Paix ne nait pas de l’exercice de la puissance mais du don de soi. Nous devons avoir en tête combien est destructeur l’orgueil des hommes qui poussent les Nations a rivaliser de puissance. L’Evangile nous affirme que l’abus des violents est soluble dans le don de soi, fussent deux piécettes. La faiblesse du Christ est plus forte que l’orgueil de la puissance, la blessure de l’injustice et de la démesure de la mort. Il ne s’agit pas de fuir devant l’ennemi et les combats mais de croire que la victoire authentique se fait avec les armes de la douceur, de la vérité et du sacrifice. C’est ainsi que l’on devient artisan de paix. « Heureux les artisans de Paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

Que cette Eucharistie où le Prince de la Paix se livre à nous, nous aide à vivre à la hauteur des sacrifices consentis hier et stimule nos efforts pour construire et étendre la Paix aujourd’hui. Ainsi, nous serons appelés Fils de Dieu, maintenant et dans les siècles des siècles.

 
Mise en ligne le lundi 12 novembre 2018