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Entrer en relation
 

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul ! » Cette parole de Dieu va plus loin que de nous prévenir contre la solitude dont nous connaissons les ravages. Elle nous définit comme des êtres qui ne peuvent être pleinement eux-mêmes et vivants que par les relations qu’ils entretiennent. Nous sommes des êtres en relation.


« Il n’est pas bon que l’homme soit seul. » Pas si sûr ! Si l’expérience de solitude est inhérente à la vie humaine, elle est aussi nécessaire au développement de la personne. La solitude est bonne quand elle passe par les distanciations nécessaires à l’autonomie de la personne. Ainsi, les psychologues nous enseignent que la fonction du père est de séparer l’enfant de sa mère. L’éducation passe par des frustrations successives qui sont autant de petites solitudes en acte et qui permettent à l’enfant de patienter et de surmonter son besoin immédiat pour apprendre à le dominer et à l’organiser. Enfin, la solitude est aussi nécessaire pour se retrouver soi-même, pour rentrer en soi-même et apprendre à écouter Dieu, Celui qui parle dans le silence. Cette solitude est nécessaire et bonne mais son apprentissage n’est jamais facile. Nous constatons souvent que ceux qui n’ont pas reçu cet apprentissage  ou, à l’inverse, ceux chez qui il a été trop brutal (abandon) ont par la suite du mal à avoir des relations équilibrées et satisfaisantes.


 « L’homme donna un nom à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. » Le langage nous distingue fondamentalement du règne animal qui ne dispose que de modes performants mais rudimentaires de communication. Par le langage et l’abstraction qu’il permet, l’homme domine le monde et est en mesure de l’utiliser et de le transformer. Ce sont toutes ces choses utiles et nécessaires autour desquelles tourne l’essentiel de l’activité humaine. Pourtant, l’enseignement biblique nous rappelle que les choses qui sont sous le pouvoir de l’homme ne peuvent combler sa solitude, justement parce qu’elles sont sous son pouvoir. Beaucoup cherchent à combler leur solitude par la frénésie de travail ou de loisirs, le goût de l’argent et des accumulations matérielles comme notre société de consommation nous y pousse. Elles trahissent certainement leur solitude, l’aggravent mais échouent immanquablement à la combler. Cela ne correspond pas à son aspiration fondamentale. Les objets (l’argent, les biens de ce monde, les voyages, le travail, les animaux etc.) ne peuvent combler le cœur de l’homme.

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« Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! » Dans une lecture symbolique du récit de la création de la femme, celle-ci n’est pas le fruit de l’action de l’homme, ni de son pouvoir. Au contraire, la femme advient par l’œuvre de Dieu, durant le sommeil mystérieux dans lequel Dieu a plongé Adam, lui-même façonné par Dieu. En somme, la rencontre et la relation ne sont possibles que parce que Adam a déposé les armes de la puissance et de la domination. La solitude commence d’être comblée quand l’homme (et la femme) quitte l’exercice de la puissance que l’on a sur les objets pour passer à la relation d’égal à égal avec un sujet qui lui est présenté. Vous noterez que c’est cette relation qui provoque la première parole humaine transmise par la Bible, la première fois qu’il dit JE pour pouvoir dire TU !
Pour combler notre solitude, nous avons à cultiver notre capacité relationnelle, c’est un effort car il faut accepter de ne pas dominer l’autre. Le mariage est le modèle et l’archétype de la relation mais il n’est pas exclusif. Les éléments essentiels de la relation sont un lien de parole où l’on a renoncé à exercer un pouvoir sur l’autre (ni violence, ni manipulation, ni séduction), un lien où l’on reconnaît l’autre comme un sujet égal (et non comme un objet).
« Tous les deux ne feront plus qu’un. » Cette unité est le fruit des relations authentiques. La solitude intérieure est rejointe par un autre parce qu’on a pris le risque, avec discernement, d’ouvrir son cœur. Joie fragile autant que précieuse ! Cette relation est celle que Dieu veut que nous apprenions à vivre les uns et les autres. La famille est souvent le lieu de ce premier apprentissage ; le mariage, les amitiés, les communautés dont la paroisse, sont les lieux de développement de cette vie en relation, de relations. Ayons alors à cœur de cultiver le goût et les mots pour vivre de belles relations les uns avec les autres.

Que cette Eucharistie où Jésus nous partage sa relation avec le Père par l’Esprit, nous aide à vivre les uns avec les autres et à croître dans l’unité. C’est notre vie pour les siècles des siècles. 

 
Mise en ligne le Lundi 8 octobre 2018