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La croix, symbole ou événement?
 

Quelle différence faisons-nous entre une simple croix et un crucifix ? Une croix faite de deux montants de bois et une croix avec la représentation de Jésus cloué dessus ?
Ce n’est pas loin d’être pareil mais il y a une différence, celle qui sépare un symbole et un événement.

 

Un symbole renvoie à une idée ou à un groupe de personnes. La croix comme symbole n’est pas initialement, ni exclusivement chrétienne. Les Egyptiens, par exemple, utilisait l’Ankh, la croix de vie. Elle donne à penser à tous mais souvent de manière très différente. Elle est signe d’une intersection, d’une rencontre ; elle évoque la verticalité et l’horizontalité etc.
St Paul prêche « un messie crucifié. » Il rappelle un événement, daté dans l’histoire des hommes et identifiable par ceux qui l’écoutent, dans un lieu précis, avec des acteurs identifiés. Cet événement a une objectivité et une matérialité irréfutables et irréductibles.

« Scandale pour les Juifs. » L’affirmation d’un Messie crucifié est une offense à l’espérance messianique d’Israël. L’attente du Sauveur par les Juifs était bien balisée. Le Béni de Dieu devait montrer la puissance de Dieu contre les ennemis du Peuple élu. Son action devait se juger à ses résultats, ces « signes miraculeux. » S’il gagnait, Il était bien le Messie. S’il perdait, c’est qu’il n’avait pas la faveur divine. La croix ne peut pas être autre chose que le signe de l’échec et de la malédiction. Ou bien est-il le Messie et il n’a pu subir la malédiction de la croix, ou il est maudit et ne peut être le Messie. Parler de Jésus comme Messie crucifié est un événement qui fait scandale.

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« Folie pour les païens. » Les païens, hier comme aujourd’hui, imaginent ne pas avoir besoin d’un sauveur. Ils sont trop sûrs d’eux-mêmes pour imaginer avoir besoin d’un secours. Ils recherchent une philosophie de vie. Ils se satisfont de théorie, de numérologie, d’ésotérisme… A la rigueur la croix comme symbole peut leur donner à penser, mais un Messie ne les intéresse pas, surtout que, à leurs yeux, son échec démontre la limite du message.
Pourtant le Messie crucifié est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
La puissance du Crucifié est dans l’absorption du mal qu’Il accomplit sur la Croix. Il prend sur Lui l’injustice et la haine pour en débarrasser l’humanité, spécialement celle qui se tournera vers Lui. La miséricorde et le pardon sont la manifestation de cette action prodigieuse.
Il est sagesse de Dieu. Il révèle dans le même événement la vérité de l’homme blessé et celle de Dieu qui aime et qui sauve bien au-delà des espérances humaines.
Sur la Croix, Jésus assume, en personne, la rencontre de la verticalité divine et de l’horizontalité humaine, Il en est l’intersection et même l’unité définitive.

Notre foi chrétienne confesse Jésus comme Messie crucifié. Il importe de se laisser scandaliser par cette faiblesse de Jésus car elle dénonce et consume nos hypocrisies, nos mensonges, nos violences. Il est bon que la folie de l’amour de Dieu nous bouscule pour ne pas banaliser le Salut offert, le réduire à un symbole, à une nécessité physique ou à un cycle naturel. Jésus unit dans sa Passion faiblesse et puissance, folie et la sagesse.

Sachons alors porter la croix de Jésus non seulement comme un symbole des Chrétiens mais comme signe de la puissance et de la sagesse de Dieu, hier, aujourd’hui et dans les siècles des siècles.
 
Mise en ligne le Vendredi 19 Janvier, 2018