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La grandeur du serviteur
 

« Qui est le plus grand ? » C’est une question qui obsède notre monde et la vie de beaucoup. La loi du monde est de nous pousser à être le plus grand, le meilleur ou, ce qui revient à peu près au même, le pire. Une comparaison perpétuelle et une quête de grandeur font passer à côté de Jésus et de ce que Jésus nous propose. Les disciples sont attachés à des préséances et à des hiérarchies qui les empêchent de voir la grandeur que le Christ inaugure, leur chemin de conversion doit être le nôtre.

 

Qui est le plus grand ? Le monde est inévitablement marqué par des hiérarchies qui participent de son organisation. Toute organisation est une articulation de fonctions et de places avec des premiers et des derniers. Jésus n’est pas un anarchiste. La question qui se pose est de savoir quel est le fondement que ces hiérarchies et la manière dont elles sont exercées. Toutes les hiérarchies ne sont pas mauvaises, cela nous donne, par exemple, de belles compétitions sportives ! Mais le plus souvent, elles relèvent de l’ancien monde. Les disciples sont encore dans l’ancien monde, cet ancien monde qui durera jusqu’à la fin des temps, un monde où les hiérarchies consacrent des rapports de domination. C’est la naissance, la force, la fortune, le savoir ou une savante combinaison de ces éléments qui établissent ces hiérarchies selon le monde. Même les révolutions n’abolissent pas les hiérarchies, elles les bouleversent ou les renversent mais elles demeurent dans leur principe. Ceux qui étaient dessous sont passés dessus et inversement. En 1789, la bourgeoisie à Paris a remplacé l’aristocratie à Versailles ; en l’Union soviétique, les apparatchiks communistes ont ainsi remplacé la noblesse tsariste. L’orgueil, la vanité et l’égoïsme sont les raisons ultimes du monde ancien dont il n’est pas si facile de se détacher.

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Qui est le plus grand ? Nous croyons que c’est Jésus mais dans cet échange avec ses disciples, Il ne le dit pas. S’Il  avait dit qu’Il était, Lui, le plus grand, ses disciples L’auraient cru mais ils n’auraient pas changé. Ils auraient cru que Jésus venait se mettre en avant.
Pour parler de la vraie grandeur et pour changer le regard de ses disciples, Jésus leur rappelle la nécessité du service. C’est un dialogue qui court toute la prédication du Christ jusqu’à la Cène, où il prendra le tablier de serviteur. Etre disciple du Serviteur-Jésus réclame que l’on devienne serviteur avec Jésus. L’esprit de service n’est pas facultatif. Il doit rejoindre toutes les situations de la vie sociale où nous nous trouvons, des plus humbles aux plus élevées. Si ce n’est pas un esprit de servilité, l’esprit de service réclame une humilité et une gratuité pour ne pas en pervertir le message. Ce n’est jamais acquis une fois pour toutes. C’est pourquoi le service de Jésus est annoncé avec et accompli dans le dépouillement de sa Passion. Le service suppose aussi le sacrifice. A notre tour, nous devons nous laisser dépouiller par le service sans quoi, cela s’est vu jusque dans l’Église, on risque la théâtralité ou l’hypocrisie.

Qui est le plus grand ? Jésus place un enfant au milieu d’eux et le montre en exemple. Ce n’est pas l’enfant-roi ou capricieux de nos sociétés de consommation. L’enfant est, ici, signe de l’innocence, de la fragilité et de l’humilité. Voilà les vraies grandeurs que nous devons apprendre à identifier, à aimer et à rechercher. C’est la hiérarchie de la sainteté qui fait des plus humbles nos supérieurs. Nous comprenons dès lors pourquoi la Vierge Marie est notre Reine. C’est aussi pourquoi une société doit s’évaluer au respect qu’elle accorde aux innocents, aux plus fragiles et aux plus humbles. Jésus nous enseigne enfin la transparence de ces grandeurs à la grandeur de Dieu : « Celui qui l’accueille, M’accueille, celui qui M’accueille… accueille Celui qui M’a envoyé. »

Que cette Eucharistie où le plus grand se fait humble nourriture et boisson nous donne le goût de rechercher la vraie grandeur, celle des humbles serviteurs.

 
Mise en ligne le lundi 24 septembre
 
Lundi 24 Septembre, 2018