unité pastorale

St Sernin | ND du Taur | St Hilaire St Pierre

 

La Paroisse Catholique > Fortifier sa foi > Les homélies > Ma religion me l'interdit !

 

 

 

Ma religion me l'interdit !
 

« Ma religion me l’interdit ! » voilà une excuse que vous ne pouvez pas dire pour refuser de partager tel ou tel plat lors d’une invitation. Notre religion ne nous interdit aucun aliment, ni aucune boisson. Le Christ a aboli les prescriptions relatives à l’alimentation. Les premiers disciples ont eu du mal à l’accepter tant les prescriptions alimentaires font corps avec les pratiques religieuses et tant la nature religieuse de l’homme, ce sacré primitif, tend à s’exprimer ainsi, hier comme aujourd’hui.


Les interdits alimentaires ne sont pas sans valeur, ni sans signification. Entre eux et les religions, c’est une longue histoire. Beaucoup de traditions religieuses expriment de tels interdits. La plupart de ces interdits ont trait au sang qu’il est interdit de consommer. Le sang, c’est la vie et l’on ne peut se l’approprier. L’animal que l’on veut consommer doit être saigné pour ne pas s’en approprier la puissance vitale qui appartient à Dieu seul. C’est ainsi notamment pour les Juifs et les Musulmans.
Sur un autre motif, celui de la différence entre le pur et l’impur, et parce qu’ils considèrent le porc comme impur, les Juifs et les Musulmans n’en consomment jamais. Certaines prescriptions viennent aussi faire sentir leur rigueur comme un rappel incessant du devoir religieux. Les règles de la cacherout juive interdisent de mélanger viande et laitage en raison d’un verset trois fois répété dans la Bible : « tu ne mangeras pas le chevreau dans le lait de sa mère » et à partir de ce verset toute une inflation de pratiques restrictives s’est développée. Les fidèles de ces religions expriment, souvent sincèrement, à travers l’observation rigoureuse de ces règles leur attachement à Dieu.
Il y a aussi de nouveaux  d’interdits quasi religieux avec le Végan qui interdit toute consommation et utilisation de l’animal. Cette religion séculière, l’anti-spécisme, nie la singularité de l’homme en ce monde et son droit de disposer de l’animal de quelque manière que ce soit. Le Végan est un antihumanisme car l’homme est perçu comme un ennemi de la nature seule digne de respect.

Contacter un Prêtre
aller plus loin
Leur première homélie
  François
Benoit XVI
Jean-Paul II
Homélies du Curé de St-Sernin
  2017
2016
2015
2014
2013
Sur le web
  Homélies du Pape François, jour après jour
Une homélie
pour chaque jour de l'annee
Homélies du "Jour du Seigneur" sur France 2
 

Les interdits alimentaires ne sont pas sans danger. C’est pourquoi le Seigneur nous a dégagés de ces pratiques-là. Tout d’abord, Jésus nous offre un autre regard sur la nature. Il n’est rien qui soit impur par lui-même. « Dieu vit que cela était bon, que cela était très bon. » Jésus retire la norme religieuse de la cuisine et du marché. Il rend à chaque société, à chaque civilisation sa liberté. Il « laïcise » la cuisine ! Les aliments doivent être jugés selon leur qualité propre, ils n’ont pas de qualité religieuse. Soit ils sont comestibles, soit ils ne le sont pas ; soit ils sont à votre goût, soit ils ne le sont pas. La sainteté n’a aucun rapport.
De plus, « le Royaume de Dieu ne consiste pas en des questions de nourriture ou de boisson. » Il y a pour Jésus un grand danger de se disperser dans les pratiques religieuses qui feraient écran à l’essentiel : la justice, la paix et la joie. Jésus nous ouvre à une relation personnelle avec son Père, un cœur à cœur avec Lui, par l’Esprit et à traduire en amour du prochain. Nous encombrer de pratiques culinaires et alimentaires, c’est faire primer l’accessoire sur le principal.
Cependant, l’Église a développé, elle aussi, des traditions alimentaires. Elles ont été une manière d’incarner la foi dans le quotidien. Comme les différents cantiques dans la liturgie, elles célèbrent dans l’alimentation telle ou telle fête : la dinde à Noël, l’agneau à Pâques, tel gâteau pour les Rois ou les crêpes à la Chandeleur. Elles varient selon les lieux et les époques, elles ne sont jamais obligatoires. Quant au poisson le vendredi, il s’agit d’une recommandation de faire pénitence en jeûnant, en « faisant maigre » en souvenir et en union avec la Passion du Christ.
Peut-être vous demandez-vous si vous pouvez manger Halal ou Casher ? Il est bien clair qu’il ne serait pas courtois de refuser un repas parce qu’il serait ainsi. Et si vous recevez des personnes observant de telles prescriptions, il est un devoir de charité chrétienne de se renseigner sur ce qu’ils acceptent de consommer.
Nous ressentons, toutefois, que la réaffirmation de ces pratiques alimentaires tend à fragmenter la société selon les observances particulières et à enfermer leurs observants entre eux. Il nous appartient de dire simplement et respectueusement la liberté offerte par le Christ en la matière et de montrer qu’elle est un des éléments qui permet de surmonter les barrières culturelles et religieuses qui s’opposent à une fraternité universelle. Dans le Christ, il n’y a plus « ni esclave, ni homme libre, ni juifs, ni païens, ni l’homme et la femme », le Christ offre à l’humanité une unité que le festin des Noces de l’Agneau réalise en plénitude.

Que cette Eucharistie où le Seigneur se fait nourriture renouvelle notre liberté et notre unité maintenant et dans les siècles de siècles.   

 
Mise en ligne le 3 septembre