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Nom de Dieu !
 

« Ils vont me demander quel est son Nom ? » Savoir que Dieu existe, cela fait du bien ; le monde intérieur et extérieur se met en ordre. Connaître Dieu davantage purifie le cœur du croyant à la mesure où il accueille sa présence. Connaître son Nom est nécessaire pour entrer en relation avec Lui, entrer en Alliance avec Lui.


« Je suis qui Je suis. » Jusque là, le Dieu d’Israël s’était fait connaître par sa proximité avec Abraham, Isaac et Jacob. L’expérience historique que le peuple hébreu fait de son Seigneur s’enrichit d’un Nom qui le situe bien au-delà et au-dessus de l’histoire. « Je suis qui Je Suis. » Quand Dieu se présente, Il donne un Nom qui le révèle mais ce Nom n’est pas un identifiant, comme nos prénoms. Nos prénoms ne disent rien de nous. Ils sont comme une étiquette à laquelle nous sommes attachés par la volonté de nos parents. Le nom de famille nous inscrit dans une histoire mais il n’existe pas d’équivalence entre notre identité et notre nom et si nous rapportons des qualités, des caractères au nom d’une personne, cela ne tient pas en soi au nom mais à la relation et à la connaissance que nous avons d’elle.


Le Nom que Dieu nous partage parle de Lui. Il est un Nom qui renvoie à son identité quand bien même nos lettres et nos mots restent incapables d’enfermer Dieu en eux-mêmes. Le Nom que Dieu partage à Moïse est une première mais toujours incomplète description de Lui-même, comme une porte ouverte sur un Mystère que l’on n’aura jamais fini d’explorer.

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« Je suis qui Je suis. » Si nous avons besoin pour exister d’être inscrits dans une relation au monde et à l’histoire, Dieu, Lui, ne dépend que de Lui-même. Ce drôle de nom renvoie à Dieu Lui-même. Dieu est l’absolu, Il n’a pas d’autre référence que Lui-même et son Nom en exprime quelque chose, de la même manière que Dieu dit : « Je le jure par Moi-même. »
« Je suis qui Je suis. » Ce Nom nous permet d’atteindre quelque chose de Dieu. Dieu est. Il est Celui qui est. Cela nous est difficilement concevable car nous sommes nous ceux qui ne sont pas. Ste Catherine de Sienne s’entendra dire : « Je suis Celui qui est, tu es celle qui n’est pas ! » Nous ne sommes que de passage. Nous tenons la vie de nos parents qui nous l’ont transmise. Nous devons nous nourrir pour soutenir cet état précaire. Nous pouvons transmettre la vie mais aucun d’entre nous ne peut la retenir. Dieu possède sa vie par Lui-même, sans aucun secours extérieur. Il ne l’a pas reçue. L’image du buisson ardent, ce feu qui ne consume pas le buisson, illustre bien ce Dieu qui n’a pas besoin d’alimenter sa vie. Il se distingue en cela des mythes païens qui expliquaient la nécessité de nourrir les dieux de sacrifices. Le Dieu qui se révèle à Moïse possède une vie qui demeure toujours en Lui. Il est la Vie, Il est la Puissance. Il est l’Etre. Dieu est la Vie vivante inaltérable. Il y a une identité profonde entre Dieu, la vie et l’être.
« Retire tes sandales car le sol où tu te tiens est une terre sainte. » Il me paraît étroit de réduire cette prescription à de la ritualité. Dieu révèle beaucoup plus à Moïse. Il lui montre la dignité de la terre qu’il foule, cette terre dont l’homme a été tiré. Ce Dieu qui va libérer son peuple est aussi le Dieu qui a créé ce monde, qui a communiqué l’être à tout ce qui existe. Il y a une affinité lointaine mais réelle entre ce monde posé dans l’être par le Créateur et le Créateur Lui-même. Dès lors, il y a une bonté de l’être. Etre vaut plus que ne pas être. Il faut le dire car notre société met de plus en plus souvent en balance la vie et les conditions de vie. Aussi insuffisante qu’une vie puisse paraître à nos yeux, le seul fait de son existence en dit sa bonté. La vie est infiniment supérieure à l’absence de vie et à la mort.
Jésus assumera ce Nom de Dieu en disant au sens fort « Moi, Je suis. » Il achèvera la révélation de la bonté et de la puissance de l’Être. Ses miracles rétabliront dans la plénitude de la vie physique en guérissant les malades, de la vie morale en pardonnant les pécheurs, de la vie spirituelle en révélant le cœur du Père. Sur la Croix, Jésus assumera toutes les limites physique, morale et spirituelle que l’humanité oppose à la vie et à l’être. Sa résurrection inaugurera l’accès de l’humanité à la plénitude de la vie éternelle, à cette existence reçue de Dieu où « Dieu sera tout en tous. »
Que cette Eucharistie où « ce qui est périssable devient impérissable, où ce qui est mortel devient immortel » nous aide à entrer toujours plus dans le Mystère du Nom du Seigneur  en qui sont la vie, la puissance et l’Être.

 
Mise en ligne le 25 mars