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Sortie de crise
 

« Il y eut un mariage à Cana de Galilée. » Nous pouvons lire ce mariage de Cana comme une métaphore de la société et peut-être en tirer des leçons pour aujourd’hui.

Un mariage. Cette noce est une communauté, celle du village ; ce ne sont pas seulement les parents et amis des époux qui sont présents. Jésus et ses disciples sont invités parce qu’ils appartiennent à cette communauté. Une communauté est ainsi constituée par un bien commun qui la réunit.
Vivre ensemble suppose un pacte de confiance minimale. Cette confiance doit se retrouver, à des degrés divers, dans l’ensemble des relations sociales. La monnaie illustre cette confiance nécessaire, elle qui sert aux échanges économiques entre les membres de la société, est appelée fiduciaire car fondée sur la confiance. Placer ce mariage au cœur de la communauté de Cana nous dit la centralité de la confiance. Cette confiance est l’âme du mariage car les époux se promettent fidélité. L’honneur fait au mariage et la promotion de la fidélité à la parole donnée témoignent de l’état de la confiance dans une société. Cette confiance sociale est toujours fragile d’autant plus que dans notre société le mariage n’est plus la pièce centrale du pacte social.
Ce mariage, c’est aussi une organisation qui s’exprime dans les rôles et dans les places. A Cana, il y a bien sûr les mariés, les parents, les témoins, les invités et le maître du repas. L’événement assigne une place à chacun et chacun est invité à l’occuper. Un autre événement assignera d’autres places et d’autres rôles. La première des tâches consiste à consentir à la place qui me revient et à celle qui revient aux autres. Ce consentement est le renoncement à vouloir occuper toute la place. Vivre en communauté suppose d’accepter les autres et de faire avec la limite que chacun oppose à l’autre.

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Il y a aussi un ordre, une hiérarchie dans ces places qui permet à l’événement de s’accomplir. Cet ordre peut être symbolique et, ici, ce sont les époux qui tiennent la 1ère place ; il peut être fonctionnel et, là, c’est le maître du repas qui l’occupe. La hiérarchie permet à l’organisation de fonctionner et de purger les désaccords qui ne manquent pas de la traverser.
Ce mariage affronte une crise. « Ils n’ont pas de vin. » Nous imaginons la catastrophe d’un tel manque. Toute communauté a connu, connaît et connaitra des crises. Une crise met en cause une organisation et altère la confiance des membres entre eux. La joie d’être ensemble peut vite tourner au cauchemar.
La réaction de Marie, de Jésus et des serviteurs nous enseigne un chemin de sortie de crise. Marie est solidaire de la communauté réunie, elle est solidaire de la fête. Marie fait un constat objectif du manque. Ni plus, ni moins. Elle le signale à qui peut agir et à personne d’autre. Elle ne se répand pas en plaintes, elle informe Jésus et Jésus s’adresse aux serviteurs et ceux-ci obéissent.
La sortie de crise est réalisée par leurs dons gratuits, un don ordonné au bien du mariage et de la communauté réunie. Marie fait le don d’une observation. Jésus fait le don d’une initiative qui élargit l’organisation défaillante. Les serviteurs font le don d’une obéissance hors du cadre habituel.
La sortie de crise est réalisée par leurs dons combinés. Une société  trouve un chemin de paix et de croissance dans le don gratuit que chacun est appelé à offrir. Une société n’est pas seulement basée sur une justice commutative ou distributive, elle a besoin d’intégrer le principe de gratuité et la logique du don. Même dans les « relations marchandes, le principe de gratuité et la logique du don comme expression de la fraternité, peuvent et doivent trouver leur place à l’intérieur de l’activité économique normale » écrivait le Pape Benoit XVI. Combien plus, dans le cadre de la vie sociale la plus large, sont nécessaires ce don et cette gratuité.
Dans la crise que notre société traverse, il nous faut redécouvrir la raison qui nous fait vivre ensemble (on ne peut vivre sans que chacun ait sa place) et consentir à notre organisation même si elle est toujours perfectible. Il importe aussi que chacun sache qu’il a une part de don gratuit à offrir. Elle viendra aérer le consumérisme déprimant de notre temps, réformer l’organisation défaillante et restaurer la fraternité de la communauté.

Que cette Eucharistie où Jésus fait à ce monde le don gratuit de Lui-même nous aide à apporter à notre temps le don et la gratuité qui rétablira la confiance entre les membres de notre société et la joie de vivre ensemble.

 
Mise en ligne le 22 janvier