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Les tentations

 

Lorsque les cardinaux entrent dans la chapelle Sixtine, des œuvres d’art les entourent. Il y a, bien sûr, le Jugement dernier de Michel-Ange. Mais ils peuvent également méditer sur une fresque de Botticelli représentant Jésus tenté par le diable. Cette scène illustre l’évangile de ce jour. Luc nous donne à lire un combat singulier au cours duquel s’affrontent, en des lieux différents et à coups de citations de l’Ecriture, Jésus et le tentateur. Les tentations illustrées par ce passage d’Evangile concernent tous les temps, jusqu’à aujourd’hui.

L’attrait des seuls biens matériels. A la demande du diable de transformer une pierre en pain, Jésus répond que « l’homme ne vit pas seulement de pain » et qu’il convient de ne pas envisager la vie qu’à l’aune des seuls biens matériels. Voici quelques années, j’ai conversé avec un jeune homme d’alors 36 ans. Cadre dans une banque, il avait un poste de responsabilité et un salaire de 6 000 euros. De culture chrétienne, il ne s’en préoccupait guère et vivait comme un « noceur » selon sa formule. Puis, il s’est quelque peu plongé dans les Evangiles et a lu des textes de Saint François d’Assise. Ce moment fut déterminant. Il démissionna et entra chez les Franciscains. Nous ne sommes pas tous appelés à de tels engagements. Mais nous pouvons prendre le temps de nous poser afin de prier, de lire et partager les Ecritures, de se plonger dans quelques grands auteurs chrétiens. Bref, de laisser de la place à ce qui n’est pas uniquement la consommation des biens matériels. Saint Paul n’écrit-il pas dans sa lettre aux Romains : « Tout près de toi est la parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur ».

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La gloire des royaumes et la soif du pouvoir. Au cours de l’Histoire, combien d’exemples peuvent démontrer que l’homme peut succomber à ce que les Grecs anciens appelaient l’hubris, cette espèce de soif de pouvoir qui montait à l’esprit de l’homme, quitte à le conduire aux pires catastrophes. Le risque existe au sein même de l’Eglise, des paroisses. Des prêtres comme des laïcs peuvent vivre cet engagement comme un moyen d’exercer un pouvoir alors qu’il ne s’agit que d’être, mais c’est déterminant, au service de Dieu et de ses frères et sœurs.

Ne pas mettre Dieu à l’épreuve. L’Eglise traverse actuellement une terrible tempête liée au scandale de la pédophilie, des sœurs abusées. Des livres, des reportages, un film les dénoncent à une opinion choquée. Que des hommes consacrés par le sacrement de l’ordre aient enfreint à ce point la confiance placée en eux n’est-ce pas aussi la tentation de mettre Dieu à l’épreuve, faisant mentir cette autre citation de Paul aux Romains : « Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte »? Les victimes l’ont largement connue. En ce début de Carême, pensons à elles qui ont monté leur Golgotha. Mais une autre tentation est liée à la précédente, la tentation du silence. Les institutions ecclésiales ont trop longtemps cultivé le silence, le non-dit, le goût du secret, croyant protéger l’institution. Nous le payons aujourd’hui au prix fort mais sans doute juste. Ayant séjourné au séminaire français de Rome pendant une dizaine de jours, j’ai vu, au cours d’une messe ayant suivi l’annonce de la démission du cardinal Barbarin, un prêtre lyonnais pleurant, tellement attristé par la situation de division dans son diocèse d’origine. J’attends dire, ici ou là, que cela arrive dans des clubs sportifs et que l’en fait peut être trop au sujet de l’Eglise. J’ai un grand respect pour les clubs sportifs mais l’Eglise n’est pas un club sportif ! On attend d’elle un peu plus ! Inversement, certains souhaitent jeter le bébé avec l’eau du bain : rejeter la foi, l’Eglise en bloc sans nuance. Jacques Maritain, dans son ouvrage Religion et culture a fort bien synthétisé ce qu’il en est. « Les catholiques ne sont pas le catholicisme. Les fautes, les lourdeurs, les carences et les sommeils des catholiques n’engagent pas le catholicisme. Le catholicisme n’est pas chargé de fournir un alibi aux manquements des catholiques ».

Oui, chers frères et sœurs, l’Eglise a besoin de sérieusement réfléchir à ses pratiques et à son fonctionnement. Que ce Carême soit le moment d’une introspection en vérité. Acceptons cette belle phrase tirée d’Isaïe (1, 18): « Viens, dit le Seigneur, et discutons ». Oui discutons, non pas en une espèce de marchandage, mais comme une discussion entre un père et un fils, j’ose même dire entre deux vrais amis. Mais nous savons, nous chrétiens, qu’au terme du Carême et de la Passion, il y a la joie du Christ ressuscité. Heureux et saint Carême à toutes et tous. Amen.

 
Mise en ligne le dimanche 10 mars