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Les publicains et les prostituées
vous précèdent
 

« Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu. » Ces paroles qui peuvent sembler très dures, Jésus les adresse aux grands-prêtres et aux anciens du peuple, après leur avoir raconté cette petite parabole des deux fils.

Eux, ils sont ce fils a qui le père demande d’aller travailler à la vigne, qui disent « oui » mais n’y vont pas. Ils ne font pas la volonté de Dieu. Il va même plus loin en leur reprochant de ne pas avoir cru en la parole de Jean-Baptiste qui était un juste envoyé par Dieu alors que les pécheurs se sont convertis, cette conversion étant un signe visible de la grâce de Dieu qui agit dans le cœur des hommes et qui aurait dû pousser ces prêtres à eux-mêmes se convertir. Ils n’ont pas reconnu Jean-Baptiste, ils ne reconnaîtront pas non plus Jésus comme le Messie de la promesse.

À de nombreuses reprises Jésus reprochera aux scribes, aux pharisiens, aux chefs spirituels d’Israël, de refuser de croire. Non d’avoir des difficultés pour croire, mais de refuser de croire. Ils chercheront par tout les moyens à discréditer le Christ en l’accusant d’hérésie, de transgresser la loi de Dieu, de ne pas respecter le sabbat, d’être un glouton, de manger avec les pécheurs et de leur faire bon accueil. Pour quoi agissent-ils ainsi ? Parce que la parole de Jésus les bouscule, elle les dérange, elle met le doigt là où ça fait mal, elle dévoile leur cœur qui est loin de Dieu, leur manque de charité envers le peuple qui leur est confié, leur hypocrisie, leur manière fausse d’adorer Dieu, qui n’est qu’une façade et ne vient pas du plus profond de leur cœur. Cette vérité, ils ne peuvent l’accepter et donc, ils vont lutter, et lutter jusqu’à la mort, pour faire taire celui qui dit cette vérité.

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Les pécheurs, eux, agissent différemment. Ils sont touchés par la parole de Jésus ; pourtant, elle met toujours le doigt là où ça fait mal, mais ils acceptent humblement cette correction du Seigneur et ils changent de chemin. Ce qui les touche surtout, c’est la proximité de la miséricorde divine dont témoigne le Christ. Lorsque nous regardons dans les évangiles ceux qui se convertissent, nous constatons qu’ils changent de vie, non parce que Jésus va leur faire la morale ou les condamner, ou les juger, mais ils vont sentir qu’en fasse d’eux il y a un amour infini. C’est cet amour (et pas le moindre puisque c’est l’amour de Dieu) qui va transformer leur existence. Rappelons-nous la femme adultère : « moi non plus je ne te condamne pas ; va et désormais ne pèche plus. » Ou bien encore Zachée ; qu’est ce qui transforme ce publicain ? « Descends vite, aujourd’hui je veux venir chez toi. » La proximité du Seigneur qui ne dit que ça et qui va chez Zachée, provoque la conversion, c’est à dire le changement radical de vie. Il y a encore Matthieu et tant d’autres.

Ce qui amène à la conversion, c’est la proximité de la miséricorde de Dieu. C’est l’amour de Dieu qui illumine le cœur de l’homme et le transforme de l’intérieur. L’amour mais aussi l’exemple. Jésus annonce la parole mais il pose aussi des actes. Or ce que Jésus reproche aux pharisiens, aux grands-prêtres, c’est de dire, d’annoncer la parole mais de ne pas la mettre en pratique. Jésus dira un jour à leur encontre :

« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. »

Je voudrais ici faire une petite parenthèse, à la lumière de cet évangile, concernant notre pape François. Comme Jésus en son temps, il est aujourd’hui accusé par certains ecclésiastiques parfois de haut rang, mais aussi des professeurs, des théologiens, ceux que l’on pourrait appeler des docteurs de la loi. Comme Jésus à son époque, on va même jusqu’à l’accuser d’hérésie. Pourquoi ? Parce que, lui, aussi rappelle le prima de la miséricorde et de la charité, sans omettre le lien de la charité avec la vérité et la justice. L’attitude du saint père, notamment dans sa façon simple de vivre et dans sa façon d’exercer l’autorité, rappelle que l’Église est d’abord une Église servante, une Mère et non une puissance qui écrase et impose son pouvoir. L’Église est le Corps du Christ ; regardons simplement comment agit le Christ, écoutons ses paroles. Je suis persuadé que, si Jésus revenait aujourd’hui, ces personnes qui accusent le pape et qui pourtant se prétendent être de bons chrétiens, accuseraient le Seigneur parce qu’il n’agirait pas différemment que lorsqu’il était en ce monde et tout cas, il ne ferait pas différemment du pape François, son serviteur et son représentant en ce monde. Le témoignage de François nous bouscule, comme Jésus. Il nous pousse à revenir sans cesse à l’essentiel, à changer notre regard sur les personnes, à ne jamais oublier que nous -mêmes nous sommes pécheurs, mais des pécheurs pardonnés, appelés sans cesse à la conversion. C’est l’orgueil qui est à la racine de tout les maux, y compris dans l’Église. N’oublions jamais que le pape, comme ces prédécesseurs, a été donné à l’Église et au monde par le Seigneur lui-même. Est ce l’Esprit Saint qui guide les cardinaux ou pas lors du conclave ? Si c’est l’Esprit Saint, alors ayons confiance parce que ce que le Saint Père fait dans le cadre de sa mission vient de Dieu. Si ce n’est pas l’Esprit Saint,  alors il nous faut remettre en cause toute l’Église et même notre foi. Mais je le redis, si c’est la volonté de Dieu, ne prenons pas le risque de lutter contre Dieu et si c’est l’œuvre de l’Esprit Saint, ne prenons le risque de pécher contre l’Esprit Saint ; nous savons ce que Jésus a dit concernant ce péché.

Frères et sœurs, ayons la foi, ayons confiance. Accueillons l’appel du Seigneur à la conversion, accueillons son amour et sa miséricorde qui transforment notre cœur. Ne nous abandonnons pas à l’orgueil, au désir de puissance, de vouloir tout dominer ou de croire que nous sommes les détenteurs de la Vérité. Ne prenons pas le risque, comme les grands-prêtres et les anciens, de passer à côté du Christ. Il était là, en face d’eux, mais ils ne l’ont pas reconnu parce que leur cœur était plein de suffisance et d’orgueil.

Heureux sommes nous si nous avons un cœur de pauvre ; nous saurons reconnaître la présence du Christ qui agit dans et par son Église, l’Église qui est son corps et dont nous sommes, chacun, les membres.

 
Mise en ligne le Mercredi 4 Octobre, 2017