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Ouvriers de la 11ème heure
 

Premier danger qui nous guette : « Seigneur Jésus, toute ma vie je t'ai servi. J'ai fait tout ce que tu m'as demandé. J'ai rendu service à mon prochain, j'ai travaillé dur dans la paroisse. Je me suis dépensé sans compter. Voilà ; je mérite donc une récompense. Je mérite de recevoir la vie éternelle »

Réponse de Jésus : « Mon enfant, cela veut dire que tu as fait tout cela non par amour, mais par intérêt. Tu ne l'a pas fait ni pour moi, ni pour ton prochain, mais pour toi. La vie éternelle, ce n'est pas une récompense ou un bon point que je donnerai à celui qui a fait tout ce que j'ai dit. La vie éternelle c'est un cadeau que je veux donner à tout homme, pourvu qu'il ouvre son cœur à mon amour. »

Deuxième danger qui nous guette : « en écoutant cette histoire racontée par Jésus, je me rend compte que même si je me convertis sur mon lit de mort, Dieu me donnera la vie éternelle. Donc, je vais en profiter toute ma vie, faire la fête, ne pas me gêner pour faire tout ce que je veux. De toute façon, Dieu me pardonnera. »

Réponse de Jésus : « Mon enfant, cela veut dire que tu crois que je ne tiens pas compte de ce que tu fais dans ta vie et que tu crois pouvoir gagner ton salut par de savants calculs. Moi je ne calcule pas ; mon amour je te l'offre dès le commencement. L'amour ne calcule pas, ou si non ce n'est pas de l'amour et je ne peux pas sauver celui qui n'est pas dans l'amour. Si tu veux être prêt à chaque instant, aime à chaque instant sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que tu fais ma volonté. Aime pour aimer et non pour en retirer quoi que ce soit. Aime et tu auras déjà ta récompense. »

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Frères et sœurs, cette parabole dite des ouvriers de la dernière heure, nous révèle plusieurs vérités ; d'abord, nous sommes tous appelés à la vie éternelle et cette vie éternelle commence dès ici-bas dans le quotidien. Sans cesse le Seigneur vient à notre rencontre, patiemment, inlassablement. Il ne se décourage jamais. On pourrait trouver que l'attitude de ce maître est injuste. Il donne le même salaire à ceux qui ont travaillé une heure et à ceux qui ont sué toute la journée. Nous avons bien compris que cette pièce, c'est à la fois Jésus lui-même qui se donne à nous, c'est aussi la vie éternelle, l'amour éternel que Dieu donne à ses enfants. Or l'amour ne se mesure pas comme on mesure une quantité de farine. L'amour, il se donne tout entier ou il ne se donne pas. Les premiers qui râlent, râlent parce qu'ils sont jaloux et finalement ils ont œuvré pour la récompense, non par amour. En réalité, ils n'aiment ni le Seigneur, ni leur prochain.
Le Seigneur tend la main jusqu'au bout ; il laisse une chance à son enfant de renoncer au mal et de choisir la vie, la lumière. Rappelez-vous le bon larron.

Cette parabole nous révèle l'amour infinie de notre Dieu qui ne veut pas qu'aucun de ses enfants se perdent mais que tous puissent être sauvés. « Le Seigneur notre Dieu est riche en pardon. Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. La bonté du Seigneur est pour tous. »
Nous sommes invités à accueillir cet amour, cette bonté, cette patience, cette douceur de notre Dieu.  Nous pouvons parfois nous trouver indignes de cet amour, nous pouvons croire que Dieu ne peut pas nous pardonner. Cette parabole et toute la parole de Dieu nous montre le contraire. Il n'existe rien que l'amour infini du Seigneur ne puisse illuminer, il n'existe rien de plus puissant que l'amour du Seigneur, même pas nos fautes, aussi terribles puissent-elles nous paraître. Accueillir l'amour de Dieu dans nos vies, voilà ce que Jésus nous propose.

Il y a cependant une obstacle à cet amour : l’orgueil et l’égoïsme qui lui est étroitement lié. L'orgueil de croire que je mérite la vie éternelle ou les récompenses parce que je fais tout ce qu'il faut comme je l'ai imagé au début de cette homélie. La pratique religieuse impeccable mais vide d'amour. Dieu ne supporte pas la pratique extérieure qui n'a aucune incidence sur le cœur. « ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. » C'est l'attitude des vignerons qui ont travaillé toute la journée et qui croient qu'ils auront plus que ce qui avait été prévu au départ.

L’égoïsme qui consiste à me moquer des autres et à ne penser qu'à moi, tout en imaginant que, de toute façon, Dieu me pardonnera puisqu'il est amour. Cela aurait  pu être, mais ça ne l'a pas été, l'attitude des travailleurs qui se seraient cachés exprès toute la journée pour apparaître vers 5 heures, n'avoir à travailler qu'une heure et toucher eux aussi une pièce d'argent. Mais ça ne marche pas comme ça.

Nous ne pourrons être sauvés qu'en aimant, gratuitement, sans calcul. « Aimer c'est tout donner et se donner soi-même » écrivait Saint Thérèse.  C'est dans le don de nous -même que nous accomplissons notre vocation humaine, c'est dans le don de nous-même, à l'image du Christ qui a donné sa vie par amour pour nous, que nous ressemblons à celui qui nous a crée. C'est dans le don que nous trouvons la vie, le bonheur, dès ce monde. Réjouissons-nous que le Seigneur appelle tout homme à travailler à sa vigne. Réjouissons-nous de l'amour du Seigneur pour nous et pour tous et vivons cet amour ; il est la clé du Royaume des Cieux.

 
Mise en ligne le Mardi 26 Septembre, 2017