unité pastorale

St Sernin | ND du Taur | St Hilaire St Pierre

 

La Paroisse Catholique > Servir la Communauté > Fleurir en liturgie
 
Fleurir en liturgie
 

Un service en marche

Depuis son origine en 1980, l’« Art Floral au Service de la Liturgie » n’a cessé d’évoluer, toujours en recherche du meilleur ajustement, de la meilleure adéquation entre les deux réalités que sont les fleurs apportées en offrande sur les lieux de culte et la liturgie.

Aujourd’hui, ce service est devenu « Fleurir En Liturgie » et s’inscrit dans le cadre de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle.

La liturgie est donc première et source de notre mission, l’art floral est un moyen parmi d’autres de la servir avec, comme tout ce qui concourt aux célébrations, un devoir de beauté et d’harmonie.

 
aller plus loin
Essentiels
  Un texte de référence
pour nous, fleuristes
Sur le web
  Les plantes dans la Bible
Fleurir la Toussaint
Fleurir Marie
Le bouquet liturgique,
sa spécificité

 

contact
  Nom : Francine Paruta
Mail : Contact


 
  Un acte en Liturgie
   

Signifiant

Notre démarche s’inscrit  dans la perspective de l’action liturgique qui est louange, action de grâce, célébration du Mystère Pascal.

Dans cette action hautement symbolique, nous sommes  réunis en assemblée, tous membres d’un même Corps (Première lettre de Saint paul aux Corinthiens, chapitre 12) et Celui qui en est la tête, le Christ agit invisiblement.  (Sacrosanctum Concilium n°2).

La liturgie chrétienne a choisi des signes et des symboles tangibles qui s’adressent à notre sensibilité, afin de permettre  à notre nature humaine, de rencontrer le Seigneur.

Ces signes ne sont donc pas de l’ordre de la décoration.

« Ils  touchent en nous des régions que les mots n’ont pas les moyens d’atteindre, ou qu’ils n’atteignent  pas avec la même force, ni avec la même complexité » J. E. Muller à propos de la peinture

Les gestes, les chants, la lumière des cierges, l’encens, l’autel, les vitraux, la musique…les fleurs sont  de cet ordre, du côté de l’indicible, de «l’ineffable ».

Rappelons les propos de Mgr. Martimort :

«Tout art sacré doit être « au service de », serviteur de la foi…» 

confirmés par Jean-Paul II

 «l’art pour l’art qui ne renvoie qu’à son auteur n’a pas sa place dans la conception chrétienne ».

   

Ainsi,  nos créations florales ne sont  pas de l’ordre décoration destinées à se faire admirer pour elles-mêmes et notre contribution à la liturgie s’oriente vers le service de la rencontre de Dieu avec les hommes.

« Jardin de la Résurrection » où Marie-Madeleine découvre son Seigneur, 

« Jardin d’épiphanie  où Dieu peut nous révéler sa Beauté, sa bonté  » Fr. Didier

Notre bouquet est alors de « l’ordre de l’icône et  non de l’idole »,

« il est proposé à l’assemblée, à la libre interprétation de chacun, pour l’aider dans son chemin vers le Seigneur » Marie-Jeanne Ribier

Nous avons donc un devoir de qualité en particulier de

« soigner la beauté des célébrations, non par esthétisme mais par conviction que la beauté peut acheminer vers Dieu » Mgr Ricard aux évêques de Lourdes 2005

Dans l’esprit du serviteur

La liturgie n’est pas une prière personnelle, mais la prière en acte du peuple de Dieu réuni.

Tout doit être harmonie, synergie : de lumière, musique, chants, gestes, formes, couleurs…les actes de chacun constituant le tout de la célébration.  
Il s’agit alors de nous décentrer de nous-mêmes, (ce n’est  pas notre œuvre personnelle  que nous présentons), par le bouquet c’est la louange  de tout le peuple que nous offrons.

Ainsi, dans l’esprit  de favoriser la participation active (physique et spirituelle) de « l’Eglise réunie » comme le demande Vatican II,

  • chacun doit jouer son rôle, rien que son rôle (le nôtre étant de fleurir) en bonne communication avec les autres acteurs,
  •  juste à sa place et à sa juste place.
   

A titre d’exemple, de même qu’une chorale trop puissante et trop présente peut conduire une assemblée à ne pas chanter et à écouter un peu comme au concert, une somptueuse composition florale  trop opulente ou bien en vue, mise en valeur pour elle-même, peut retenir le regard, l’attention au lieu d’être une invitation à la prière conduisant au Tout Autre. 

La Présentation générale du Missel romain  n° 279, nous exhorte en ce sens à une « une noble simplicité » plutôt qu’à un « luxe pompeux ».


Ces termes ont des connotations différentes:
Noble : qui a de la grandeur, de la dignité
Simple : qui n’est pas compliqué, sans prétention, accessible…
Luxe : faste, éclat, abondance, richesse, opulence, somptuosité,  superflu…
Pompeux : avec une emphase solennelle, ampoulé, guindé…

Il nous faudra toujours faire la différence entre ces notions pour  nos réalisations florales.

La beauté n’est pas synonyme de luxe.
« On ne dit pas mieux en disant plus », disent les écrivains, exprimer l’essentiel est œuvre difficile.

NOTRE EQUIPE
Denise FOURRIE 
Mireille CAZAUX
Alexandra CHONG FAH SHEN
Suzanne ABES
Claire COLLE
Célia GUIRAUD
Francine PARUTA
   

Avec une attitude d’accueil

D’autre part, si notre fleurissement concerne surtout l’Eucharistie dominicale, nous sommes de plus en plus, appelés à fleurir  un temps de prière, un mariage, un baptême... Lors de la rencontre avec les différents services, les fiancés ou les jeunes parents…ayons à coeur de les écouter, de présenter la vie de la communauté, de  partager avec eux  la joie que nous vivons dans notre foi.

Il en est de même lorsque nous travaillons dans l’édifice église, il faut savoir nous interrompre pour rejoindre  les personnes en demande (plus nombreuses qu’on ne le pense), prendre le temps de les « entendre »  et essayer de répondre à leur attente.

Nous accueillons également avec bienveillance, les bouquets apportés en dévotion, sans négliger, pour autant quand l’occasion se présente, de parler de l’espace liturgique, des célébrations ...
 
Il s’agit de notre mission de témoignage, d’évangélisation en lien avec la communauté.

 
  Une démarche de foi
 

Qui témoigne de Dieu créateur

La foi chrétienne nous amène à reconnaître Dieu comme source de Beauté et de Vie et la liturgie  reprend ce thème fondamental que la Bible nous enseigne :

« …Et Dieu vit que cela était bon »
Gn 1

« Les cieux proclament la gloire de Dieu
Le firmament raconte l’ouvrage
de ses mains

Pas de parole dans ce récit
Pas de voix qui s’entendent
Mais sur la terre en paraît le message »
Ps. 18

   

Le service développe :

  • notre capacité à voir la main de Dieu dans la création 
    (prendre du temps, regarder la nature, la contempler avec respect et amour).
  • notre capacité à nous émerveiller,
    à accueillir avec gratitudes toutes les richesses, l’abondance,la diversité de la création.
    Cela demande de la disponibilité de cœur et d’esprit, le regard  s’élargit et conduit  à une expérience spirituelle.
   

La nature devient  alors notre source d’inspiration : apprendre à l’observer attentivement, à la respecter, à l’« apprivoiser », à l’« humaniser », puis à la faire entrer dans le grand mouvement eucharistique (d’action de grâce) de toute l’assemblée qui loue son Seigneur et reconnaît que tout vient de lui.

… « Toi qui donnes ce pain, ce vin, ces fleurs…nous te les offrons… »

La prière sur les offrandes insiste :

« Nous te les présentons, Seigneur, les biens que toi-même nous a donnés,
Qu’ils te disent notre reconnaissance »

« Accepte, Seigneur, ces offrandes prélevées pour toi sur tes propres largesses »

Les fleurs sont ainsi, signes de notre adoration, de notre reconnaissance, de notre amour gratuit pour Dieu, répondant à l’amour gratuit que Dieu a, d’abord, pour nous.

   

Recevoir avec gratitude implique naturellement  de respecter le don qui nous est fait dans la création.

Nous aurons donc à cœur de ne pas le dénaturer dans nos compositions.

« Au-delà du plus grand art,
il y a le Naturel »

dit B. Pascal.

«L’art sacré doit passer
Par le langage de la création »
précise Jean-Paul II.

Rechercher une noble simplicité, créer de la beauté en s’inspirant de la beauté de la nature demande du savoir-faire. Il est donc nécessaire de se former à la technique florale spécifique à notre service.

Ce ne sont pas des règles à appliquer, extérieures à nous, mais le reflet de notre engagement.

La formation pour Fleurir En Liturgie demande effectivement un engagement dans la durée.

« La liturgie a besoin de notre conversion, ce qui ne nous dispense pas de compétence » affirme Mgr Favreau.

Qui invite à vivre le Salut de Dieu 

Saint Paul enseigne que la Création tout entière attend sa Rédemption (Cf Lettre de Saint paul aux Romains).

En liturgie, notre bouquet est  signe de toute la création, de toute la vie, qui est offerte et appelée à être sauvée, transfigurée.  A sa modeste place, il entre dans la dimension cosmique de la liturgie.

Le Père Philippe Gueudet ancien directeur du CNPL dans l’éditorial de la revue n°4 "Fleurir En Liturgie" nous propose cette réflexion concernant les fleurs.

« …Elles me disent surtout…la précarité, l’éphémère,  la fragilité…
En étant vivant, on est mortel, et Jésus a pris ce chemin. La fragilité de la fleur
me dit cela humblement…Elle nous parle de la création, de la vie…mais aussi de la mort.
Belle aujourd’hui, fanée demain…pour renaître du fruit qu’elle aura livré….
Au fond, ces fleurs dans leur fragilité…me disent le Mystère Pascal. Comme elles, je suis vivant et donc mortel. Comme elles, je suis appelé à la vie, en consentant à ma mort (la fleur se laisse cueillir…), en me dessaisissant de ma vie (la fleur est offerte…). »

Parce que la mort du Christ en croix et sa résurrection constituent le contenu de la vie quotidienne de l’Eglise et le gage de sa Pâque éternelle, la liturgie a pour première tâche de nous ramener inlassablement sur le chemin pascal ouvert par le Christ, où l’on consent à mourir pour entrer dans la vie ».

La liturgie est fondamentalement un art de l’action dont la finalité est la célébration du mystère Pascal.

Qui se vit ici et maintenant

Le Christ  « est toujours là auprès de son Eglise » (Cf Sacrosanctum Concilium n° 7). Il est présent dans l’Eglise qui prie.

Le Père P. Gueudet nous dit encore :

« L’Eglise réunie, l’Eglise se réunissant, l’Eglise réunissant des hommes et des femmes vivants, au cœur de leur vie pour une expérience de l’ordre du vécu qui passe par le corps, non du raisonnement…

Les fleurs y font entrer largement cette vie…Elles disent la terre où nous vivons, le pays d’où nous sommes. Elles disent le temps, le rythme des saisons, elles disent Pentecôte autrement que la Toussaint.

Elles m’aident à dire - à me dire- la vie que je vis ici, maintenant.
« Aujourd’hui le Salut est venu dans cette maison ».
C’est l’aujourd’hui de l’Evangile de Luc et de la liturgie. L’aujourd’hui du Salut ».

La liturgie actualise ce Salut accompli par l’Incarnation du Fils de Dieu, sa  mort, sa résurrection, le don de l’Esprit d’où naît l’Eglise et se vit, se manifeste en Eglise « ici » dans un lieu donné et « maintenant » dans un temps donné.

   

Aussi « Fleurir En Liturgie » s’approfondit dans l’attention :

  • à l’espace liturgique
    Il s’agit de se laisser saisir  par l’architecture, (style, dimension…) des lieux de culte, par leur organisation (pôles de célébration).
  • au temps liturgique
    « Le bouquet reflète l’abondance et le dénuement qui parsème nos vie, nos chemins
    de foi…Ainsi la composition de Carême dit l’attente et la promesse à venir, témoin d’un dénuement volontaire, non pas d’une pauvreté subie. La composition de Pâques exaltent la joie de la Résurrection » (Sandrine Vivier Chroniques d’art sacré n°20).
   

Il s’agit aussi de se laisser saisir par  la vie, le souffle, la force, l’espérance… de la Parole de Dieu faite chair dans le Christ.

Cette Parole méditée en profondeur, à la lumière du Mystère Pascal  qui est premier, pourra faire jaillir une création florale qui n’est pas là pour expliquer, moins encore pour illustrer le texte mais pour « exposer la vie » à la Parole, pour mettre dans une attitude d’écoute.

Dans l’église, les réalisations florales demeurent après les célébrations et contribuent à montrer une «  maison » vivante, habitée par une communauté vivante …puissent-elles dire notre foi, puissent-elles devenir messagères de la Bonne Nouvelle.

Tu es béni, Dieu de l’Univers,
Toi qui nous donnes ces fleurs, fruits de la terre,
Et ces bouquets, fruits du travail de nos mains.
Nous te les présentons.
Unis à l’offrande du Christ, ils deviendront,
Signes de la joie que nous vivons dans notre mission,
Signes de notre louange à ta Gloire Eternelle.

 
 
Mise en ligne le Mercredi 25 Janvier, 2017